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24.04.2020

Le livre de l'Apocalypse et le petit livre Coran - Un rêve interreligieux

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Vendredi 24 avril 2020
‘Les Bleineries’ 18260 Sury-ès-Bois
(Cher – Centre-Val de Loire)


 

Réveil vers 7h. Levée. Je prie l’Office des Lectures du vendredi 2, avec le psaume 37. Puis, pour recevoir la Parole, j’ouvre la Bible de Segond au hasard et tombe sur ce passage :

 

 

LIVRE DE L'APOCALYPSE  (Trad. Bible Louis Segond)

Chapitre 10

1 Je vis un autre ange puissant, qui descendait du ciel, enveloppé d'une nuée ; au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel, et son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu. 2 Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer, et son pied gauche sur la terre ; 3 et il cria d'une voix forte, comme rugit un lion. Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. 4 Et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j'allais écrire ; et j'entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, et ne l'écris pas. 5 Et l'ange, que je voyais debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite vers le ciel, 6 et jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, et la mer et les choses qui y sont, qu'il n'y aurait plus de temps, 7 mais qu'aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s'accomplirait, comme il l'a annoncé à ses serviteurs, les prophètes.


8 Et la voix, que j'avais entendue du ciel, me parla de nouveau, et dit : Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. 9 Et j'allai vers l'ange, en lui disant de me donner le petit livre. Et il me dit : Prends-le, et avale-le ; il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. 10 Je pris le petit livre de la main de l'ange, et je l'avalai ; il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais quand je l'eus avalé, mes entrailles furent remplies d'amertume. 11 Puis on me dit : Il faut que tu prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations, de langues, et de rois.

Puis, je me mets à faire ma gymnastique devant la fenêtre ouverte, avec les oiseaux, la nature déjà bien éveillée dans la lumière solaire. C’est en fin de gym, tapotant ma tête que le rêve est remonté à mon souvenir. Je me suis arrêtée pour l’écrire à Camel puis à Paula. Je voulais l’écrire à Abd El Hafid, mais je n’ai pas retrouvé son numéro dans mon carnet d’adresse. Le voici :

« Cette nuit j’ai rêvé que je devais lire le premier verset du Coran. J’étais dans un lieu musulman mais les gens n’étaient pas en tenue de religieux, en banlieue. Il y avait deux hommes, l’un qui écoutait, l’autre qui agissait. Celui qui agissait s’affaira pour me rapporter un petit Coran qu’il trouva dans un bureau. Ce Coran tenait dans ma paume. Je lus le premier verset, et cela suffisait[i]. J’ai rendu le petit livre Coran. Tout était plein de joie simple. »

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Détail d'une calligraphie ottomane de la Basmala :
Premier verset du Qur'ân qui le contient tout, et qui introduit les 114 sourates:
"Par le Nom d'Allâh, le Tout-Rayonnant d'Amour, le Très-Rayonnant d'Amour"
Cette calligraphie rend palpable ce qu'elle décrit :
"le Tout-Rayonnant d'Amour" contient — "le Très-Rayonnant d'Amour" diffuse.
Amour issu de la 'matrice', principe féminin de Dieu.
(Théophile de Wallensbourg, lors de la Retraite interreligieuse d'Artisans de Paix,
Centre spirituel des Carmes d'Avon, 1er décembre 2019.)


Je pense que je suis appelée à lire le Coran[ii],
à en faire une lectio divina, à la suite de Christian de Chergé qui le faisait.

Il y a quelques soirs, j’ai terminé la lecture de la Petite Philocalie de la Prière du Coeur par Jean Gouillard (éd. du Seuil, 1953 et 1979), dont l’Appendice fut un très beau cadeau que je vous donne à lire sur ce lien pdf : UNE TECHNIQUE SOUFIE (NAQSHABANDI) DE LA PRIÈRE DU CŒUR. Abd El Hafid Benchouk, le chargé de mission de la Fraternité islamique d’Artisans de Paix, appartient à cette obédience soufie Naqshabandi.

C’est ce soir l’entrée en Ramadan de nos frères musulmans[ii]. Qu’il leur soit doux et fructueux. Que nous en recevions les effluves.

« Gloire à Dieu, Seigneur des Mondes. » (premier verset du Coran, de la sourate d'ouverture "la suffisante".)

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Sandrine Treuillard
Chargée de mission de la Fraternité eucharistique (catholique) Artisans de Paix

 

 

 


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[i] Al-Fatiha (arabe : سُّورَةُ الفَاتِحَةSūrat al-Fātiḥah) est la sourate d'ouverture du Coran. Composée de sept versets, elle met l'accent sur la souveraineté et la miséricorde d'Allah. Elle peut être traduite par « l'entrée », « le prologue », « la liminaire » ou encore « l'ouverture ». Mahomet la nomme « la mère du Coran » (Oumm-ul-Kitab). Fakhr al-Dīn al-Rāzī relève douze noms différents donnés à la Fatiha : la "louange", la "Mère du Coran", les "sept répétés", "la complète", "la suffisante", "la Fondation", "la Guérison", "l'Adoration", "la Demande", "la Supplication", "l'Enchantement", "la protectrice", "le trésor", et "la lumière". Le nom de cette sourate ne dérive pas du contenu de la sourate mais de sa fonction de liminaire.
Le premier verset (Basmala), dont la translittération est « bismillāh ar-rahmān ar-rahīm » (« Au nom de Dieu, le Tout miséricordieux, le Très Miséricordieux »), peut être familier à l'oreille d'un non arabophone ou d'un non musulman car il est omniprésent dans les sociétés musulmanes, notamment sous sa forme contractée « Bismillâh ». Cette formule apparaît au début de chaque sourate du Coran, exceptée la neuvième, At-Tawba (et elle est répétée deux fois dans la 27eAn-Naml). Elle est un verset uniquement dans la Fatiha. (source : wikipedia)

 

Texte en arabe

Translittération

Traduction de
Muhammad Hamidullah

1

بسم الله الرحمن الرحيم

Bismillah ar-rahman ar-rahim

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux,
le Très Miséricordieux.

2

الحمد لله رب العالمين

Al Hamdulillahi rabbi-l-`alamin

Louange à Allah, Seigneur de l'univers.

3

الرحمن الرحيم

Ar-rahman ar-rahim

Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

4

ملك يوم الدين

Maliki yawm ad-din

Maître du Jour de la rétribution.

5

اياك نعبد واياك نستعين

Iyaka na`budu wa iyaka nasta`in

C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.

6

اهدنا الصراط المستقيم

Ihdina as-sirat al-mustaqim

Guide-nous dans le droit chemin,

7

صراط الذين انعمت عليهم غير المغضوب عليهم ولا الضالين

Sirat al-ladhina an`amta `alayhim ghayri al-maghđubi `alayhim wa la ad-dalin

Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

 

[ii] Sourate 96 Al-Alaq (L’adhérence)

96.1.اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ
       Iqra/ bi-ismi rabbika allathee khalaqa
       Lis au nom de ton Seigneur qui a tout créé,

96.2.خَلَقَ الْإِنسَانَ مِنْ عَلَقٍ
       Khalaqa al-insana min AAalaqin
       qui a créé l'homme d'une adhérence !

96.3.اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ
       Iqra/ warabbuka al-akramu
       Lis, car la bonté de ton Seigneur est infinie !

96.4.الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ
       Allathee AAallama bialqalami
       C'est Lui qui a fait de la plume un moyen du savoir

96.5.عَلَّمَ الْإِنسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ
       AAallama al-insana ma lam yaAAlam
       et qui a enseigné à l'homme ce qu'il ignorait.

« Le commandement Divin de proclamer l'islam commence par un ordre sublime : Iqra'. Généralement traduit par « lis », ce mot signifie aussi « répète à haute voix » ou « récite ». Il s'adresse à l'humanité, le Prophète représentant l'humanité dans son rapport à Dieu. Iqra' est donc une injonction universelle, une offre invitant chaque individu à s'éloigner de l'imperfection et à s'approcher de la vertu et du bonheur dans les deux mondes.

Iqra' est l'ordre de lire les signes que le Créateur a placés dans la création de sorte que nous puissions comprendre quelque chose de Sa Miséricorde, de Sa Sagesse et de Sa Puissance. C'est l'ordre d'apprendre, par l'expérience et la compréhension, le sens de Sa création. C'est aussi la certitude que la création peut être lue et qu'elle est intelligible. Plus nous apprenons à mieux la lire, plus nous saisissons mieux que le monde créé est un seul univers dont la beauté et l'harmonie reflètent la Suprême Tablette Gardée (85 : 22) sur laquelle, par le Décret Divin, toutes choses sont inscrites. » Début de l'article de Fethullah Gülen Pourquoi le premier verset coranique révélé commence-t-il par l’injonction Iqra' (Lis ! )?.

[ii] « Rappelons que le jeûne du Ramadan est le quatrième pilier de l’islam qui compte au total cinq pratiques obligatoires. Il vise à « atteindre la piété », est-il écrit dans le Coran, en réorientant son regard vers le divin par le jeûne. Ce jeûne rituel fut décrété deux ans après l'Hégire, c'est-à-dire deux ans après la fuite du prophète Muhammad de la Mecque vers Médine, qui marque le début du calendrier musulman. La 27e nuit du Ramadan est la plus importante. Elle commémore la Nuit du Destin, au cours de laquelle, selon la tradition musulmane, l’ange Gabriel transmet le Coran à Muhammad. Tous les musulmans qui ont dépassé l’âge de la puberté sont invités à jeûner du lever du soleil – dès que l’on peut « distinguer un fil blanc d’un fil noir », dit le Coran – à son coucher. Ils doivent s’abstenir de boire, de manger, de fumer et de relations sexuelles. Les repas qui marquent la rupture du jeûne, après le crépuscule et avant l’aube, se prennent ensemble,  de façon festive en temps normal.
Nous présentons à nos amis musulmans nos vœux les meilleurs pour que ce mois de Ramadan soit pour eux un mois de retour au Tout-Puissant et Miséricordieux, de vie en Sa présence, d'attention aux plus démunis et de partage malgré l'impossibilité des rencontres et prières publiques. » Paula Kasparian, lettre du 23 avril 2020 aux Artisans de Paix.

 

Retrouvez cet article sur la page enrichie
Artisans de Paix - ou le désir de rencontrer l'(A)autre

23.04.2020

Les portes tournantes de la solitude - Homélie de Armand Veilleux à Saint-Pardoux

Les portes tournantes de la prière et de la solitude -
Lecture de l'homélie d'Armand Veilleux à Saint-Pardoux

Homélie pour le mercredi de la 2ème semaine de Pâques

IMG-20200422-01718[1].jpg

22 avril 2020 – Mercredi de la 2ème semaine de Pâques
Ac 5, 17-26 ; Jn 3, 16-21

IMG-20200422-01689[1].jpgIl y a quelque chose qui m'a toujours intrigué dans le texte des Actes que nous venons de lire. Pourquoi l'ange s'est-il donné la peine de fermer les portes de la prison après avoir laissé sortir les apôtres ?... En effet, au début du texte, Luc dit que l'ange du Seigneur a ouvert les portes de la prison et a fait sortir les apôtres ; mais quand le gardien du temple arrive le matin, il trouve les portes bien fermées ! Il doit y avoir une signification symbolique dans cette histoire de portes ouvertes et puis verrouillées.

IMG-20200422-01685[1].jpgIl y avait quelque chose de similaire dans l'Évangile de dimanche dernier, de Jean. Les disciples avaient fermé les portes du lieu où ils étaient assemblés. Cela est sans doute à mettre en relation avec la recommandation de Jésus : "Quand tu veux prier, entre dans ta chambre, ferme la porte à clé, et prie ton père en secret". Ce que Jean semblait dire dans ce récit, c'est que Jésus a manifesté sa présence parmi ses disciples lorsqu'ils étaient assemblés pour prier. Mais alors, que fait-il ? Il souffle son Esprit sur eux et dit « Recevez le Saint-Esprit. Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Dans le texte des Actes des Apôtres d'aujourd'hui, l'ange du Seigneur apparaît aux disciples lorsqu'ils sont derrière des portes fermées. Mais l'ange du Seigneur est-il distinct du Seigneur lui-même ? Et que fait-il ? Il leur dit : "Sortez maintenant... et prêchez au peuple au sujet de cette Vie".

IMG-20200422-01655[1].jpgLes portes de la prière et de la solitude sont des portes tournantes. Elles séparent du monde au sens johannique du terme. Paradoxalement, les portes verrouillées sont une invitation au Seigneur à entrer. Mais, en même temps, il nous invite à sortir de nous-mêmes, vers nos frères et sœurs. Mais si nous sortons en Son nom, pour accomplir les services que nous sommes appelés à remplir, nous sommes toujours à l'intérieur et, en fait, la porte est toujours fermée.

Dans notre Ordre monastique, nous célébrons aujourd’hui la mémoire de la bienheureuse Gabriella Sagheddu*, une moniale de la Trappe de Vitorchiano, en Italie, morte en 1939. Elle est connue comme l’apôtre de l’Unité des Églises chrétiennes pour laquelle elle donna sa vie.


Armand Veilleux

Moine trappiste, Abbaye Notre-Dame de Scourmont, Chimay (Belgique)
Ses homélies en ligne

 

Bhse Maria Gabriella Seghaddu.JPG* Maria Sagheddu est née en 1914 à Dorgali, en Sardaigne, dans une famille de bergers. Dès l'enfance, elle fait preuve d'un caractère affirmé. Elle appartient à un milieu catholique fervent. Jeune fille, elle est membre de l'Action catholique et consacre du temps au service des malades et des personnes âgées.

À vingt-et-un ans, elle décide de s'orienter vers la vie religieuse et choisit d'entrer au monastère de Grottaferrata, de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance (les trappistes), le . Le monastère est alors de fondation récente et pauvre. Maria, qui a reçu comme nom de religion Maria Gabriella, craint de ne pas être admise à la profession (c'est-à-dire l'engagement monastique selon les trois vœux d'obéissance, de conversion de vie et de stabilité). Elle a en effet la critique et l'impatience faciles. Mais elle est acceptée par la communauté. Elle prend l'habit le , émet ses premiers vœux (pour trois ans) le , fête du Christ-Roi.

L'Offerta 1-ptite.jpgLa communauté de Grottaferrata et son abbesse étaient très sensibles à la cause œcuménique : la réconciliation des chrétiens désunis. Maria Gabriella se sentit appelée à offrir sa vie pour l'unité des chrétiens. S'« offrir » ainsi, pour un chrétien, signifie aimer jusqu'au bout Dieu et ses frères. Le « jusqu'au bout » de Maria Gabriella fut rapide : atteinte de la tuberculose, elle mourut le , après quinze mois de souffrances et de tentatives infructueuses pour la guérir.

Sœur Maria Gabriella a été béatifiée par Jean-Paul II le . Dans son encyclique Ut unum sint (Qu'ils soient un, pour l'unité des chrétiens) ce même pape dira : J'ai voulu proposer aux fidèles de l'Église catholique un modèle qui me paraît exemplaire, celui d'une sœur trappistine, Maria Gabriella de l'Unité, que j'ai proclamée bienheureuse le 25 janvier 1983. Sœur Maria Gabriella, appelée par sa vocation à être en dehors du monde, a consacré son existence à la méditation et à la prière centrées sur le chapitre 17 de l'Évangile selon saint Jean et elle a offert sa vie pour l'unité des chrétiens. Voilà ce qui est au centre de toute prière : l'offrande totale et sans réserve de la vie au Père, par le Fils, dans l'Esprit Saint. L'exemple de sœur Maria Gabriella nous instruit, il nous fait comprendre qu'il n'y a pas de moments, de situations ou de lieux particuliers pour prier pour l'unité Ut unum sint, §27).

source: wikipedia


Méditer
source : Croire

La  vie spirituelle de Maria Sagheddu nous enseigne trois choses : la première et la plus évidente, c'est la reconnaissance de la miséricorde que Dieu lui témoignait en lui demandant de lui appartenir totalement. La seconde, c'est son désir de répondre avec toute son énergie à la grâce : que s’achève en elle ce que le Seigneur a commencé. Enfin que s’accomplisse en elle la volonté de Dieu. C'est ainsi, nous rappelle-t-elle, que nous pouvons parvenir à la paix véritable. 


É
couter

Psaume 18 “Ouvre mes yeux à tes merveilles” (Vêpres),
extrait de Les Voix Cisterciennes (SM)

saint pardoux,armand veilleux,trappiste,maria gabriella saghedu,sanctuaire naturel saint-pardoux,christ-roi,foi,christianisme,eucharistie,sacré cœur,sandrine treuillardPSAUME 18

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s'entende ;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.

Là, se trouve la demeure du soleil : +
tel un époux, il paraît hors de sa tente,
il s'élance en conquérant joyeux.

Il paraît où commence le ciel, +
il s'en va jusqu'où le ciel s'achève :
rien n'échappe à son ardeur.

La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; *
la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.
Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; *
le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure, elle est là pour toujours ; *
les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables :
plus désirables que l'or, qu'une masse d'or fin, *
plus savoureuses que le miel qui coule des rayons.

saint pardoux,armand veilleux,trappiste,maria gabriella saghedu,sanctuaire naturel saint-pardoux,christ-roi,foi,christianisme,eucharistie,sacré cœur,sandrine treuillardAussi ton serviteur en est illuminé ; +
à les garder, il trouve son profit. *
Qui peut discerner ses erreurs ?
Purifie-moi de celles qui m'échappent.

Préserve aussi ton serviteur de l'orgueil :
qu'il n'ait sur moi aucune emprise. *
Alors je serai sans reproche, pur d'un grand péché.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ; *
qu'ils parviennent devant toi, Seigneur,
mon rocher, mon défenseur !

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s'entende ;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.

Là, se trouve la demeure du soleil : +
tel un époux, il paraît hors de sa tente,
il s'élance en conquérant joyeux.

Il paraît où commence le ciel, +
il s'en va jusqu'où le ciel s'achève :
rien n'échappe à son ardeur.

saint pardoux,armand veilleux,trappiste,maria gabriella saghedu,sanctuaire naturel saint-pardoux,christ-roi,foi,christianisme,eucharistie,sacré cœur,sandrine treuillardLa loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; *
la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.
Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; *
le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure, elle est là pour toujours ; *
les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables :
plus désirables que l'or, qu'une masse d'or fin, *
plus savoureuses que le miel qui coule des rayons.

Aussi ton serviteur en est illuminé ; +
à les garder, il trouve son profit. *
Qui peut discerner ses erreurs ?
Purifie-moi de celles qui m'échappent.

Préserve aussi ton serviteur de l'orgueil :
qu'il n'ait sur moi aucune emprise. *
Alors je serai sans reproche,
pur d'un grand péché.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ; *
qu'ils parviennent devant toi, Seigneur,
mon rocher, mon défenseur !

 


saint pardoux,armand veilleux,trappiste,maria gabriella saghedu,sanctuaire naturel saint-pardoux,christ-roi,foi,christianisme,eucharistie,sacré cœur,sandrine treuillardPrier
avec sr Maria Gabriella Sagheddu


Dans la simplicité de mon cœur,

je T'offre tout avec joie, ô Seigneur.

Tu as daigné m'appeler à Toi,
et je viens à Tes pieds.

En ce jour de Ta fête royale,
Tu veux faire de moi,
créature misérable, la reine.

Je Te remercie avec toute l'effusion de l'âme,
et en prononçant les saints vœux
je m'abandonne entièrement à Toi.

Ô Jésus
fais que je puisse demeurer toujours fidèle à mes promesses
et que je ne reprenne jamais
ce que je Te donne en ce jour
Viens et règne dans mon âme,
tel un Roi d'amour.



Photographies et vidéo à l'Île Saint-Pardoux, Sury-ès-Bois (Cher) ; "L'Offerta" (sculpture installée au Palazzo dei Papi di Viterbo - Italie, 1994) par Sandrine Treuillard.
Sauf celle de Maria Gabriella Saghedu

Retrouvez cet article et les vidéos sur la sous-page :
Contemplation en Temps pascal - Île Saint-Pardoux

20.04.2020

Le miroir du 'Merci Jésus' - L'expérience de la rencontre de Jésus - Homélie de Pâques à l'Île Saint-Pardoux

L'expérience de la rencontre de Jésus -
Lecture de l'homélie d'Armand Veilleux à Saint-Pardoux

Homélie pour le Samedi de l'Octave de Pâques 2020
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18 avril 2020 – Samedi dans l’Octave de Pâques
Ac 4, 13-21 ; Mc 16, 9-15

IMG-20200418-01560.jpgCe passage de l’Évangile de Marc nous donne une description rapide et globale de la première évangélisation chrétienne, dans les jours qui suivent la résurrection de Jésus. Marc trace une distinction très nette entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, entre ceux qui font une expérience personnelle de Jésus, et ceux pour qui ce qui leur est raconté par d’autres demeure quelque chose d’extérieur.

Marie-Madeleine est la première à faire une expérience personnelle de la rencontre de Jésus ressuscité le matin de Pâques. Elle va tout de suite le raconter à tous les disciples de Jésus qui se trouvaient à Jérusalem, mais ils refusent de la croire. Puis Jésus se manifeste aux deux voyageurs allant à Emmaüs, qui s’en vont aussi le raconter aux Apôtres à Jérusalem, qui ne croient pas non plus. Enfin Jésus apparaîtra aux Onze, à la fin du récit, il leur reproche d’avoir eu un cœur dur qui n’a pas su croire. Puis il leur commande d’aller porter la bonne nouvelle qu’il est vivant à toute la création.

IMG-20200418-01561.jpgDe ce passage de l’Évangile de Marc nous pouvons retenir que ceux qui ont fait l’expérience personnelle de la présence de Jésus vivant doivent l’annoncer aux autres. Ce que Jésus reproche ici à ses disciples ce n’est pas de ne pas avoir cru en Lui, mais précisément de ne pas avoir cru en l’expérience de ceux qui l’ont vu. Il y a en cela une leçon très importante concernant la transmission de la foi. La foi se transmet de personne à personne. Si nous avons la foi, c’est que nous l’avons reçue à travers une longue chaîne de témoins, dont chacun a rendu témoignage de son expérience. L’enseignement sur ce que nous appelons les « vérités de la foi » est important, bien sûr. Mais ce n’est pas à travers cet enseignement que se transmet la foi. Elle se transmet à travers le partage d’une expérience vécue.

IMG-20200418-01564.jpgPar ailleurs il ne suffit pas d’entendre l’annonce de la foi, ou le partage d’une expérience de foi pour croire. Il faut faire en même temps l’expérience personnelle de la rencontre de Jésus. Ce qui empêche de faire cette rencontre, c’est la dureté du cœur, que Jésus reproche à ses disciples d’avoir. Un cœur dur est un cœur qui n’est pas pur, qui est divisé. Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Demandons à Jésus de nous donner toujours un cœur pur qui nous rende possible de croire, c’est-à-dire de percevoir la présence continuelle de Jésus dans nos vies et aussi dans la vie de ceux qui nous entourent, surtout ceux et celles qui nous parlent de leur rencontre avec Jésus.

Armand Veilleux
Moine trappiste, Abbaye Notre-Dame de Scourmont, Chimay (Belgique)
Ses homélies en ligne

 

Le miroir du Merci Jésus à Saint-Pardoux

 

Photographies et vidéos de l'Île Saint-Pardoux, Sury-ès-Bois (Cher) par Sandrine Treuillard.

Retrouvez cet article et les vidéos sur la sous-page :
Contemplation en Temps pascal - Île Saint-Pardoux

 

16.04.2020

'Je suis la porte' à Saint-Pardoux - Mercredi de Pâques - Confinement 2020 - #Covid19

Vidéo tournée le Mercredi de Pâques, 15 avril 2020, à Saint-Pardoux

Mardi de Pâques, 14 avril 2020
Les Bleineries, Sury-ès-Bois

Confinement repoussé jusqu’au 11 mai.

J’implore Dieu de ne pas annuler la retraite/3ème visite à Blauvac,
pour me faire avancer avec les cisterciennes trappistes,
ma vocation à devenir moniale.

J’implore Dieu de me redonner l’office des vêpres et la messe quotidienne
à Sainte-Bathilde, à Vanves.

J’ai invoqué l’Esprit Saint qui est venu en moi directement avec ardeur, avant même que je ne chante « Viens Esprit de sainteté », avec « Âme du Christ » qui m’est venu sans crier gare… J’ai été envahie du désir de l’eau vive du Christ, de Sa présence et Il a été présent. Je peux dire que j’ai eu une exultation, une extase en Lui, avec Lui. Puis, j’ai ouvert la Bible de Louis Segond et suis tombée sur l’Évangile de saint Jean, chapitre 10, verset 5, que j’ai reconnu tout de suite (ici, traduction de l’AELF) :

« Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Et je continuai la lecture :

« Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole :

saint pardoux,saint pierre-julien eymard,covid-19,adoration saint martin,sandrine treuillard,vidéos-prières,foi,christianisme,armand veilleux,confinement« Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » »

Je sais que le Christ est en moi. Sa porte est en moi. Là, je puisse la patience dans l’épreuve. Là, je suis dans la confiance : « Il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages » (trad. L. Segond). C’est la prière au Christ qui est en moi, cette ‘garde du cœur’ qui me sauvera en ces temps de contrainte à rester immobile, ici. La Porte du Christ est en moi. Quand je vais dans les champs pour ma promenade-chapelet, en pèlerinage jusqu’à Saint-Pardoux, j’incarne ce qui se passe en moi et qui est décrit aux versets 9 et 10 :

« Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira et il trouvera des pâturages. » (…) « Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. »

IMG-20200320-01364[1].jpgLa paix dans laquelle je suis à Saint-Pardoux, avec laquelle je reviens chez mes parents, la paix de Jésus Christ ressuscité, c’est ce qui remplace l’Eucharistie sacramentelle. C’est ma messe quotidienne dans ce silence et cette solitude. C’est ainsi que le Seigneur me fortifie, chaque jour, à Saint-Pardoux. Je dois Le laisser faire, continuer à le laisser faire, à avoir confiance en lui et en son action qui bruisse comme la brise légère, qui agit puissamment dans la brise légère. Ma confiance doit être totale. Il n’oublie pas sa Promesse envers moi. Son Alliance, jamais Il ne la trahira. Il agit dans ma patience, dans ma persévérance. Je n’ai qu’à rester fidèle à ce pèlerinage quotidien. Il continue à faire très beau temps. Je n’ai pas à douter du Seigneur dont le dessein est sûr. Dont la fidélité est certaine. Je n’ai qu’à continuer à être, à demeurer là quand je suis à Saint-Pardoux. Je n’ai qu’à recevoir même ce que je ne perçois pas, ne sens pas avec mes sens mais sais avec LA FOI. Dieu n’oublie pas Ses Promesses. Je serai son épouse à Blauvac. C’est Lui qui me dira l’heure. C’est Lui qui agit. Je dois continuer à me couler dans la confiance en sa Paix, en sa Parole. L’ascèse qu’Il me demande est celle-là.

saint pardoux,saint pierre-julien eymard,covid-19,adoration saint martin,sandrine treuillard,vidéos-prières,foi,christianisme,armand veilleux,confinementContinuer, chaque jour, à prier 3 heures jusqu’à Saint-Pardoux, aller-retour, et à y rester, y demeurer dans la confiance. C’est là que le Seigneur agit dans ma vie, ici, à Sury. Ce lieu est vraiment mon sanctuaire naturel. Je lis la Philocalie, Il m’enseigne, j’écoute et demeure. Là. C’est tout. C’est tout simple. Et sobre. C’est : JE SUIS LA PORTE. Ce lieu, ce sanctuaire naturel c’est : JE SUIS LA PORTE. Son souffle est là, dans les arbres, les branches, l’eau qui suppure et s’écoule. Les mouches à miel, les crevettes qui roulent dans l’eau. Les papillons. Les fourmis. Ma porte est à Saint-Pardoux. Jean 10, 9-10b c’est là-bas, en plus d’être en moi. (10h30)

 

 

Je vous emmène jusqu'à Saint-Pardoux par le 'tunnel de lumière'...

 

Mercredi de Pâques, 15 avril

Oraison du matin (avant de lire et prier avec les textes de la messe du jour) :

« JE SUIS LA PORTE. SI QUELQU’UN PASSE PAR MOI, IL SERA SAUVÉ.
IL ENTRERA ET IL SORTIRA ET IL TROUVERA DES PÂTURAGES.
 » Jean 10,9

C’est exactement ce que je vis avec Jésus. C’est délicieux.

Pissenlit vertical.jpgJe me sens LIBRE EN LUI, PAR LUI, AVEC LUI. JOIE PASCALE IMMUABLE. DIEU EN SOIT BÉNI. Jésus, je t’aime. J’entre et je sors par toi, je suis libre. De la liberté que Thomas Merton explique dans Le Nouvel Homme. Je suis en train de terminer cette lecture, le soir, et ce soir sera la fin. C’est une rencontre providentielle avec fr. Louis (son nom de religieux trappiste). Ce livre a suivi le chemin de Pâques que j’ai parcouru, avec une telle justesse. C’est ma lecture fondamentale, cruciale, qui me met bien droite et me révèle exactement où j’en suis. C’est une lecture fondement. Je suis prête à devenir cistercienne trappiste. SOBRIÉTÉ – SPONTANÉITÉ – LIBERTÉ. Ces notions spirituelles, je les expérimente. Elles sont effectives dans ma vie. Dans ma prière. Je n’ai plus qu’à vivre l’expérience de la vie fraternelle monastique avec la Règle de Saint Benoît et la spiritualité cistercienne trappiste.

saint pardoux,saint pierre-julien eymard,covid-19,adoration saint martin,sandrine treuillard,vidéos-prières,foi,christianisme,armand veilleux,confinementJE SUIS LA PORTE etc, me renvoie à la vision des Vigiles du Christ Roi du 19 novembre 2016[i], quand, dans le noir, habillée en blanc, après avoir été relevée par le Christ de ma génuflexion, Lui me relevant par la main droite appuyée sur Sa main je vois dans le noir ce que je sais être Sa poitrine, une rose rouge fermée comme un poing, puis debout, face à Face, je vois Son visage, les traits de lumière de Son visage dans le noir de la nuit. Et à ce moment-là, Il disparaît, aspiré par la nuit obscure. Il est engouffré, son Image est aspirée par la nuit, laissant jaillir de moi un sanglot et un flot de larmes à sa suite. Ce moment-là de son évanouissement soudain, brutal, dans la nuit noire, dans l’espace et le temps cosmique de l’Univers, cet instant-là c’est le JE SUIS LA PORTE, c’est comme la fraction du pain. Le temps spirituel fait place à notre temps séculier. Mais le JE SUIS LA PORTE est pascal. C’est une porte de lumière qui donne sur les verts pâturages. C’est la porte du Paradis. Ce n’est plus du tout la nuit noire. C’est la transfiguration lumineuse par laquelle nous passons à Pâques. C’est le Christ ressuscité qui nous entraîne dans sa Lumière absolue. JE SUIS LA PORTE. J’entre et je sors librement par Lui, qui est ressuscité, j’entre et sors, éprouvant Sa lumière merveilleuse et je trouve les délices de ses pâturages. Il y a une perfection de l’amour. La liberté de l’amour. La spontanéité retrouvée avec Dieu. C’est ce que je vis en ce moment, chaque jour, quand je vais dans les champs, les chemins creux qui me mènent vers « les eaux tranquilles » dans les fonds, à Saint-Pardoux. Je passe dans les chemins creux qui, avec la végétation qui pousse, devient un tunnel sous les branches qui verdissent. Je passe dans ce tunnel ombragé qui laisse la lumière scintiller, filtrant, jouer avec les ombres. Ce tunnel végétal des arbres enveloppe ma marche et c’est comme quand Jésus dit : « Je suis la porte ». Je passe par ce tunnel qui est une porte qui dure longtemps, qui est délicieuse. Ce temps du passage dans ce tunnel, à l’aller et au retour, est vraiment délicieux.

IMG-20200415-01418.jpgLes oiseaux chantent dans le bois. Le son est très important. Je suis seule et j’avance, totalement libre avec Jésus que j’invoque, par ma prière du chapelet. Et quand je remonte (de Saint-Pardoux), j’invoque purement le nom de Jésus. Je dis : « Merci Jésus » ; « Jésus, je t’aime » et « Jésus, mon bon Jésus, mon doux Jésus… viens au secours de ma faiblesse ». Ou bien juste : « Jésus, Jésus… » comme un souffle délicieux. C’est La porte. Le nom de Jésus, c’est la porte. La prière du cœur. C’est ma garde. Jésus, tu es ma porte et je t’aime. J’entre et sors par Toi, comme je te dis : « Jésus, je t’aime. » Et je trouve mon plaisir en toi, en cela. Je trouve ma joie, en cela qui est si simple. Si pur. Si bon. Je trouve en Toi ma joie. Mon bonheur. Et je reviens, après trois heures dans les champs, les chemins creux et Saint-Pardoux, légère, heureuse, avec toi en moi. Tu es ma porte. Ma porte du cœur. Ma porte de l’Esprit. La porte de mon cœur. Tu es ma porte. Je repose en toi. Je marche en remontant dans le chemin creux, enveloppée par les branches modelant ce tunnel, et du cri de l’oiseau qui fuit devant moi. La lumière frétille, les taches de lumière ruissellent comme j’avance. Tout n’est que délice.

Eymard Pâques.jpgHier, j’ai commencé une nouvelle série sur l’Eucharistie avec les textes de saint Pierre-Julien Eymard pour les priants de Hozana. Cela aussi est un tunnel de lumière, comme dans les chemins creux. Et on arrive au Paradoux de Saint-Pardoux. Et on en repart le cœur gonflé du passage de Jésus en soi. (10h24)

Homélie du père Armand Veilleux, moine trappiste, de ce mercredi de Pâques 15 avril 2020, lue à Saint-Pardoux.

 

Jehanne Sandrine du SC & de la SE.jpg

 

 

Sandrine Treuillard
Jehanne Sandrine du Sacré Cœur & de la Sainte Eucharistie

 

 

 

[i] Cette vision a été impulsée par la lecture, à l’ambon, de sœur Myriam. Au mot ‘adoration’, en gras dans le corps du texte, la vision a commencé :

« Quand tu t'approches, ne t'avance pas les paumes des mains étendues, ni les doigts disjoints ; mais fait de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisque celle-ci doit recevoir le Roi, et dans le creux de ta main, reçois le corps du Christ, en disant ”Amen”. Avec soin alors, sanctifie tes yeux par le contact du saint corps, puis prends-le et veille à n'en rien perdre. Car ce que tu perdrais, c’est comme si tu perdais un de tes propres membres. Dis-moi, si l'on t'avait donné des paillettes d'or, ne les retiendrais-tu pas avec le plus grand soin ? Alors ne veillerais-tu pas sur cet objet qui est plus précieux que l'or et que les pierres précieuses ? Puis après avoir communié au Corps du Christ, approche-toi aussi de la coupe de son Sang. Incline-toi en une attitude d'adoration et de respect et dit : ”Amen”. Sanctifie-toi aussi par la participation au Sang du Christ. Puis en attendant la prière, rends grâce à Dieu d'un si grand mystère. Ainsi soit-il. »

Prière Eucharistique de Saint Cyrille de Jérusalem (315-387)

Toutes les photographies ont été prises à Sury-ès-Bois, sur le chemin de Saint-Pardoux, depuis le 20 mars 2020.
L'ostensoir est celui de Saint-Pierre de Rome, Vatican, Bénédiction Urbi et orbi du pape François, du 28 mars 2020.


Retrouvez cet article sur la sous-page :
Contemplation en Temps pascal - Île Saint-Pardoux
Sanctuaire naturel en Pays Fort (Berry)

 

10.04.2020

La sainte Couronne d'épines à Notre-Dame de Paris, le 21 juin 2015 — Lundi saint 2019

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Ce que nous avons vécu avec/en la cathédrale Notre-Dame de Paris la maintiendra vivante. Nous sommes les pierres vivantes de l'Édifice. Cette expérience avec la Couronne d'épines contée là est le témoignage d'un tournant sur mon chemin spirituel.

Journal Spirituel - Notes de juin 2015

”Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples,
les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure”
(Isaïe 1,10)

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Dimanche 21 juin 2015 (solstice d'été) : (Toute la note en rouge dans mon cahier peut être lue, écrite le soir de l’événement à Notre-Dame).

À la lecture de la messe du jour, Ma 4, 35-41, où Jésus dort à l’arrière de la barque alors que les flots menace la nacelle où sont aussi ses disciples apeurés. Je vois dans le coussin sur lequel Jésus pose sa tête et dort, l’image du Cœur de Dieu lui-même, la paix absolue, la confiance. « Tous ont les yeux sur toi, Seigneur, ils espèrent, et tu donnes à chacun sa nourriture. » (Préface)

Je vais le matin à Notre-Dame de Paris, en bicyclette, appelée par ce lieu alors que je priais les laudes et la messe. [Je vais voir le numéro des bureaux de la Fondation Notre-Dame dont j’ai vu une annonce de stage pour septembre dans Ecclesia RH, pour lequel j’ai déposé ma candidature. Je n’ai jamais vraiment visité la cathédrale, n’appréciant pas le style gothique, ni la liturgie, ni la Maîtrise, ni la grandiloquence de l’orgue. Mais je viens palier à cette répulsion et décide d’aller voir la sainte Couronne d’épines, à laquelle je sais que le Père Richard Escudier (rencontré au Foyer de Charité Notre-Dame de Lacépède à Colayrac Saint-Cirq près de Agen, qui a prêché la retraite de février 2014 — ami du Père Bostyn, Père du Foyer, et connaissant aussi le Père Paul Grasser, spiritain — qui nous a montré le fac-similé de la prière d’abandon au Père de Charles de Foucauld et a été curé à l’église saint Augustin où il a créé l’espace Charles de Foucauld avec le carnet original de ce dernier visible en vitrine) est attaché, comme chanoine. Je me souviens lui avoir montré la gravure de saint Louis apportant la Couronne d’épines sur son cheval, du livre La France & le Sacré Cœur que mon père m’avait donné le 1er mars 2014, et que j’étais allée lui montrer à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.]


JesséDormant N-D Paris.jpgQuand j’entre dans la cathédrale, les fidèles sortent de la messe précédente et d’autres entrent pour celle de 11h15. Je décide de rester à la messe et m’installe. Après la messe, je commence ma visite en empruntant le déambulatoire à droite. Je prends quelques photos avec mon portable. J’arrive à la chapelle où est exposé, je crois, le Saint Sacrement. Je suis saturée par les vitraux que je trouve trop bavards et trop puissants de couleurs. Je me demande comment on peut prier devant le Saint Sacrement dans ce « décor » surchargé. Tout en reconnaissant que les couleurs et les vitraux sont magnifiques, particulièrement le vert.


AutelChapelleCouronned'épines.jpgJ’arrive donc au chevet et je vois par une ouverture sur la chapelle, toujours arrivant par la droite, les bannières de l’ordre des Chevaliers du Saint Sépulcre (n’ayant aucune connaissance dans le domaine et peut me tromper d’appellation). Puis, mon regard tombe sur la statue au-dessus de l’autel, toute petite Vierge qui présente devant elle un coussin entre ses mains. Je me sens aussitôt accueillie par cette statue et comprend qu’il s’agit de la couronne d’épines, sur le coussin… Je passe devant le pan de mur qui cache la chapelle avant d’arriver à un lieu de prière plus intime (les visiteurs ne cessant jamais leur mouvement perpétuel avec le bruit constant et cette tension spécifique dans le déambulatoire de Notre-Dame). Deux bancs en prie-Dieu avec un écriteau invitent plus spécialement au silence et à la prière. Je m’installe sur le banc du second rang, devant la chapelle à la relique de la sainte Couronne d’Épines. Je suis d’abord très surprise et aussitôt conquise par le dispositif du reliquaire. Je m’attendais à un reliquaire en verre classique, comme une vitrine dans un musée, autour duquel circuler pour regarder la relique. Mais ce fut une forme difficilement descriptible, posée à même le sol, un verre rouge épais, enchâssé, triangulaire et courbe qui laisse deviner la fragilité d’un objet qui ressemble à un anneau posé à la verticale. J’étais à genoux devant ce dispositif et je pris peu à peu conscience avec mon corps de nos dispositions spatiales. J’écris nos dispositions parce que je me suis sentie incluse aussitôt dans ce que je voyais et percevais avec tous mes sens. Il y eut même un combat, car l’heure du déjeuner avait bien commencé, j’étais là depuis 11h15 et je sentais cette oppression de la foule instable des touristes se renouveler en permanence et une petite voix contraire m’invitait à quitter les lieux… Mais j’entrais en prière… Je voyais en haut la Vierge présentant la couronne sur le petit coussin.

StatuetteViergeCouonned'épines.jpgJe ne la vis plus, m’étant agenouillée, mon regard regardait devant moi : le portrait de Jésus à la couronne d’épines posé sur la pierre d’autel [ réminiscences : le Jésus Ecce Homo que Christophe le sdf m’avait rappelé le jour de Pâques 2013 ; le visage du Christ couronné d’épines avec lequel je vécus dans ma chambre durant la retraite des 5 jours à Châteauneuf-de-Galaure, chez Marthe Robin. La couronne d’épines que je portais à la recollection au Sacré Cœur de Montmartre en février 2014. Et que je portais encore durant l’autre retraite de 5 jours, dont le même portrait (photo noir et blanc d’une sculpture en bois) était dans ma chambre à Notre-Dame de Lacépède… Ces sensations douloureuses et mystérieuses que je vécus de com-passion aux souffrance de la couronne d’épines du Christ, que je ne comprenais pas, et qui m’avaient préparée à vivre les deux petits mois de calvaire de ma grossesse qui se finit en fausse couche le vendredi 4 juillet (jour du Saint Chef, premier vendredi dans l’octave du Sacré Cœur) et dont la vie du petit Augustin cessa le vendredi du Sacré Cœur de Jésus (sang abondant indiquant le décrochage de l’embryon, et sensation de mort en moi le lendemain jour du Cœur Immaculé de Marie, à Notre-Dame de la Paix, rue de Picpus, chez les religieux des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie sscc, Paris 12…].


ChapelleCouronne d'épines.jpgDevant moi, ce dispositif triangulaire en verre rouge épais laissait deviner un cercle désigné comme étant la sainte Couronne d’épines du Christ. Je pris conscience de la superposition spatiale, à la verticale, de cette couronne de jonc sans plus d’épines avec la zone de ma poitrine, de mon plexus solaire. J’étais là, sans rien désirer de particulier, ouverte au temps présent et au lieu, j’avais réussi à chasser la tentation de partir et je baignais dans ce rouge, cette chaleur de l’amour et la Couronne d’épines était devenue une alliance que Dieu imposa en ma poitrine, simplement, comme un constat donné à cet instant dans la disposition de mon être et la super-position de mon corps agenouillé devant ce reliquaire et cette relique uniques. Je suis peut-être restée une demi-heure ainsi, là. Pendant la seconde messe (seconde messe commencée pendant ma déambulation, et là homélie devant la Couronne d’épines), je pris conscience de la citation que fit le prêtre durant son homélie, de Catherine de Sienne, citation dont j’ai oublié le contenu, mais qui me frappa sur le moment, à cause de ma position et de ce que je vivais devant, avec Jésus par la Couronne d’épines. Je compris immédiatement que Jésus me confirmait sa volonté que je devienne son épouse. J’en restais toute ébaubie.


Coeur épinesAllianceÉternelle.jpgLundi 22 juin 2015
: Dessin au coucher du blason du Sacré Cœur avec la Croix, rouges, entourés de la couronne d’épines « Ô alliance éternelle – Il imposa sa couronne d’épines en ma poitrine » et récit de ce qui m’arriva ce lendemain de la confirmation de ce que le Seigneur me veut pour épouse :

«  Au coucher 21h42. Il m’est arrivé une bêtise. Voulant aller à la messe, je me suis précipitée, car j’étais prise dans mon travail de dessiner à l’ordi la couronne d’épines et mon cœur au milieu, et à la publication, recopiage de 3 chapitres de Catherine de Sienne sur le Saint Sacrement et la dignité des prêtres… si bien que j’en ai oublié mon rendez-vous avec l’orthophoniste qui m’a dispensée de venir aujourd’hui… Et me précipitant pour être présente à la messe à l’Immaculée Conception, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai dû rater la dernière marche dans les escaliers du square, et une énorme douleur au pied droit qui a manqué me faire tomber dans les pommes. Vite, sentant mes forces m’abandonner, j’ai rebroussé chemin en boitant, un son terrible dans les oreilles, et dans l’ascenseur j’ai cru qu’il n’en finirait jamais de monter… j’étais au bord de m’évanouir. Je me suis mise au lit. Et Rémi est rentré avec ses béquilles remontées de la cave. Et alors, là, avant que Rémi n’arrive, environ 40 minutes après la chute, j’ai compris que le Seigneur m’avait assez donné hier ! Que j’avais assisté à trois messes dans la journée ! (Et celle du soir, habituelle à tous dimanches, avec Rémi à L’Immaculée Conception). Communié deux fois ! Durant la seconde messe de 12h45 à Notre-Dame, quand je vivais cette élucidation de la Couronne d’épines en moi, le prêtre prêchant a cité sainte Catherine de Sienne, en espagnol et en français. J’ai oublié la citation, mais comme j’avais l’intention de publier dans La Vaillante quelque chose sur le prêtre que j’avais lu dans ses Dialogues, son évocation me rejoignait profondément devant la charité de l’alliance au Christ par sa sainte Couronne d’épines sublime, comme ceinte par le verre rouge, comme un insecte incrusté dans l’ambre, anneau d’amour à la taille de mon plexus solaire qui s’imposait à moi, en moi.

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Qu’avais-je besoin de me précipiter à la messe ce soir ! j’ai de quoi méditer durant des jours et des nuits, rendre grâce à Dieu de son Alliance avec moi, louer Dieu au Ciel de sa puissance !, dans la solitude, le recueillement, le calme de l’appartement, l’intimité de mon cœur. Ce que je faisais à l’ordi et que je continuerai demain (…).

Au fond de moi, je suis heureuse.

Le choc de la douleur m’a épuisée (diagnostic du lendemain par le docteur : entorse), mais, justement, le chant de l’Alléluia de la Maîtrise de Notre-Dame d’hier m’est revenu, alitée devant le Christ de la chambre : Aleluiuia, Allelu-u-ia ! Louez Dieu, louez Dieu au Ciel de sa Puissance !

Avec cette grande joie débordante.

Au plus intime de moi-même Jésus veut une alliance d’amour avec moi.


Visage Christ en Croix Tours.jpgMes règles ne sont pas encore venues. Ce qui est venu est ce que j’ai écrit : l’élucidation de cette alliance de charité avec la Couronne du Christ. Il n’y a plus d’épines à cette couronne. Ce sont des joncs. Une alliance imposée en ma poitrine, qui unifie tout mon être, l’aime, l’enveloppe. J’ai découvert le rapport de la Couronne d’épines du Christ à Notre-Dame avec le dessin que j’ai réalisé dans la cathédrale st Paul de Tours, d’après la photographie d’une sculpture, un visage du Christ en croix, portant la couronne d’épines. Et c’était un huit couché sur son front, le signe de l’infini, l’amour infini de Dieu sur la tête de son Fils, Dieu Homme, Amour ineffable.

La couronne que je cherche à représenter ceignant le cœur d’où pendent trois gouttes de sang, un cœur joyeux qui donne joyeusement sa vitalité rougeoyante, cette couronne est faite de ces huit couchés, du signe de l’infini répété en un cercle. La Couronne d’épines de Notre-Dame ne porte presque plus d’épines. Dois-je figurer des épines tout de même ? Je pense que oui, absolument, en figurer 3 qui répondront aux perles de sang. Mais les épines qui entourent le cœur sont là pour protéger le cœur. Leur piquant est tourné vers l’extérieur. Je voudrais qu’ils soient des signes comme des virgules, qui apostrophent, attirent le regard et en même temps scandent ce cercle parfait de la couronne. La Trinité d’où jaillit l’amour divin pour moi.

Voilà ce à quoi me sert cet incident au pied droit ! Gloire à toi Seigneur, pour ton Esprit d’intelligence et de science ! Eucharistein merci Seigneur pour ce que tu opères en moi et me donnes à lire. Bénis sois-tu éternellement !

A M E N   A L L E L U I A » (suit le dessin au stylo bleu et rouge du blason)


St Martin Perle des Prêtres.jpgSamedi 26 juin 2015
: Messe de l’ordination sacerdotale à Notre-Dame regardée en ligne sur mon lit : prise de notes en direct, pleurs de joie :
 « Je vois saint Martin de Tours en chaque évêque et en chaque prêtre » (allusion à « saint Martin de Tours perle des prêtres » — miracle du globe de feu pendant sa célébration de l'Eucharistie — lu sur une ancienne bannière dans le chœur de la basilique de Tours, en février 2015).

 

 

 

 

 

 

 

 

Jehanne Sandrine du SC & de la SE.jpg

 

Sandrine Treuillard
Jehanne Sandrine du Sacré Cœur & de la sainte Eucharistie


Nuit du Lundi saint 15, au Mardi saint, 16 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris ayant présenté la Croix de son transept incandescent, lors de l'incendie qui l'a défigurée.

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VitrauxArbreJessé N-D PAris.jpg

Vitrail de l'Arbre de Jessé, dormant.
(Aura-t-il résisté à l'incendie ? Le plomb a-t-il fondu ?)

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”Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples,
les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure”
(Isaïe 1,10)

L’étreinte gravée corps et âme – une eucharistie

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L’étreinte gravée en mon âme

9 mai 2019            La tempête de cette nuit et les douleurs du zona m’éveillèrent avant 3h00, sonnée par l’antalgique. J’en repris un autre, et ne pus cependant me rendormir. J’étais traversée par un vent autre que la tempête, pourtant en synchronie avec elle. Si l’insomnie se révèle être une aventure intérieure pour celui qui la vit, il demeure cependant qu’elle nous enveloppe de sa tunique cosmique…

            Dans ce temps de latence de la nuit où la tempête grondait dehors, les gouttes de pluie fouettant le plastique au rebord de la fenêtre, en dedans j’eus d’intenses images et sensations, et dans la semi-veille ou bien le demi-sommeil, je ne sais plus à quel moment, entre deux rêves peut-être, je compris le sens du zona contracté le 1er mai.

 

JesséDormant seul N-D Paris .jpg

           
L’empreinte du zona

Zona 1.jpg1er- 3 mai 2019    Pour ce qui est du zona, j’avais d’abord perçu durant les 3 premières nuits, une hyper-sensibilité de la peau, comme si j’avais eu de la fièvre, mais sans en avoir. Et le vendredi matin du 3 mai, je constatai l’apparition de plaques de boutons en divers endroits sur le haut du ventre, côté gauche, et la douleur plus aigüe au flanc gauche, comme si j’avais eu un point de côté, sous les côtes. Comme si une force venue de l’intérieur de mon corps s’achoppait contre mes côtes provoquant ce point (ou poing) de côté. Un coup permanent perçu de l’intérieur contre les côtes. L’hypersensibilité cutanée s’accrut. Les lésions commencèrent sous le plexus solaire et au-dessus du nombril et il me semble encore que la douleur la plus aigüe part de cette zone. Comme des flammèches à l’intérieur qui lècheraient la peau d’où naissent ces boutons en grappes. Mais, contre tout attente, les douleurs les plus vives ne sont pas perçues là où ont issi les boutons. C’est bien en le flanc gauche, sous les côtes, que la douleur persiste. Comme si les flammèches partaient des zones visiblement affectées, provoquant la douleur plus haut, invisible, au niveau des côtes. Le ruban des rougeurs boutonneuses se dédouble et monte en spirale le long du buste jusque dans le dos, se terminant plus haut, sur la colonne vertébrale.

Zona 2.jpgQuand je vis le docteur le vendredi 3 mai, elle me demanda si j’avais eu un choc émotionnel, dernièrement. Le virus de la varicelle se manifestant en zona chez l’adulte peut avoir une cause émotionnelle.

 

 

 

Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres

eucharistie, sacré cœur, sandrine treuillard, prêtre, incendie, notre-dame de paris, cathédrale de chartres, labyrinthe, zona28 avril 2019      Le dimanche précédent le 1er mai était celui de la Divine Miséricorde, second dimanche après Pâques. J’étais allée en pèlerinage à Chartres avec le GAIC (Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne). Nous avons passé une petite heure dans la cathédrale avec Capucine, une guide-conférencière qui nous a parlé du labyrinthe. Le quart inférieur droit avait été découvert des chaises qui, normalement, sont installées sur le dessin au sol. Le labyrinthe est un cheminement initiatique à parcourir dans un but spirituel, intérieur. Tous les vendredis, les pèlerins peuvent expérimenter ce parcours en marchant sur les dalles du labyrinthe. Capucine m’a appris que, si l’on fait tomber virtuellement la grande rosace du portail ouest au sol, le centre de la rosace tombe exactement sur celui du labyrinthe. Et, si l’on faisait tomber le petit vitrail nord aux 6 dons de l’Esprit avec Notre-Dame assise sur un trône, le vitrail tomberait exactement au centre du labyrinthe. Ce que j’ai traduit ainsi : le « squelette » du bâtiment est en rapport exact avec l’intérieur représenté ici au sol, avec le labyrinthe. Et d’intérieur représenté par le labyrinthe, l’association se poursuivit jusqu’à l’intériorité. Le « squelette » de pierre du bâtiment spirituel qu’est la cathédrale Notre-Dame de Chartres est en rapport intime avec l’intériorité de tout visiteur qui la visite, et expérimente la voie du labyrinthe.

 

L’incendie de Notre-Dame

Rosace en feu NDP.jpg19-20 avril 2019  Durant la nuit de l’incendie de la cathédrale de Paris, après être restée devant BFMTV depuis 19h30, couchée à minuit et ne parvenant pas à dormir, je me relevai avec l’impérieux et puissant besoin de revenir à l’événement qui marqua profondément mon parcours spirituel, du 21 juin 2015. Je publiai cette nuit du 15 au 16 avril 2019 des Lundi et Mardi saints, les notes de mon journal spirituel affairant à cet événement et j’intitulai ma publication : La sainte Couronne d'épines à Notre-Dame de Paris, le 21 juin 2015 — Lundi saint 2019.

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Après cette publication nocturne, je fis un tour sur Twitter et écrivis ce tweet avec le lien au texte que je venais de mettre en forme sur mon blog. Vaillamment, j’écrivis : « Ce que nous avons vécu avec/en la cathédrale Notre-Dame de Paris la maintiendra vivante. Nous sommes les pierres vivantes de l'Édifice. Cette expérience contée là est le témoignage d'un tournant sur mon chemin spirituel. » Je dis ‘vaillamment’, car dans la violence de l’incendie je refoulais presqu’immédiatement l’événement si douloureux en ‘le recouvrant’ d’un autre événement passé qui remonta à la surface au point de vouloir le rendre public, grâce à l’incendie de Notre-Dame qui n’était pas encore éteint.


Entrailles DDP en feu.jpgLe matin du Mardi saint, je reçu un sms de ma sœur Delphine, sous forme de sortes de condoléances, me faisant part de son cœur désolé devant le feu de Notre-Dame. Elle ajouta que mon cœur devait être dans un état pire que le sien. Je n’eus alors la force de lui répondre que ceci : « En charpie… » Mon corps était complètement déglingué et j’eux une forte crise de larmes.

 

 

 

 

 

La flamme chrétienne 

VitrauxArbreJessé N-D PAris.jpgJ’eus cependant la conscience, quasi instantanée avec l’incendie, que nous sommes les pierres vivantes de l’édifice qui, lui, brûlait. Et que la mémoire des événements que nous avons vécus dans la cathédrale aurait toujours raison des flammes. En cette Semaine sainte, très vite, le sens de la purification du chemin de Croix, avant le Vendredi saint de la Passion et le dimanche de la Résurrection, sublimait la destruction matérielle. Même si le vitrail relatant, dans ses couleurs flamboyantes, la généalogie du Christ depuis la racine de Jessé aurait/a été détruit (à ce jour, je n’en sais toujours rien…[i]), notre foi vivante de chrétiens continuerait à dresser la racine de Jessé comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront (encore), et la gloire sera (toujours) sa demeure” (Isaïe 1,10). Même sans toiture, la cathédrale reste la demeure de Dieu ! Même abîmée, Notre-Dame reste la Mère de Tendresse, debout au pied de la Croix, dans le chœur de l’Édifice. Même fendues, ses pierres sont habitées du souffle de l’Esprit qui la relève.

            C’est bien ce qui m’arriva cette nuit-là : exhumant les notes de mon journal spirituel du 21 juin 2015, je fis part publiquement de mon témoignage la nuit du Lundi au Mardi saints 2019.

 

Du baiser à la sainte Plaie au zona

eucharistie, sacré cœur, sandrine treuillard, prêtre, incendie, notre-dame de paris, cathédrale de chartres, labyrinthe, zona23 avril-1er mai Toutefois, l’émotion foudroyante de l’incendie — dont rend excellemment compte, pour moi, l’image prise par un drone du transept en flammes, la Croix incandescente — se rappela à moi, en mon corps, par le zona qui se localisa plus précisément en mon flanc gauche. Comme si les flammes de la nuit du Lundi au Mardi saints étaient venues, de l’intérieur, lécher mon côté 10 jours plus tard. Ce qu’on appelle une émotion différée… Le symptôme différé d’une émotion passée. Dans un zona, ce sont les terminaisons nerveuses qui sont enflammées, donnant naissance à des irruptions cutanées localisées. À ma mesure, je revivais l’incendie dans mon corps qui se manifesta comme une autre Passion du Christ, ne pouvant pas oublier la plaie du Côté du Christ embrassée le Vendredi saint, au soir où nous célébrions sa Passion et vénérions la sainte Croix. Comme si j’avais aspiré son Esprit transmis par le baiser donné à la sainte Plaie. Comme si son Esprit avait incubé 7 jours en moi (du vendredi 23 avril au 1er mai) où il commença à me brûler de l’intérieur, telle une fièvre en latence contre la peau de mon flanc, qui se manifesta en zona le vendredi 3 mai.

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Jehanne Sandrine du SC & de la SE.jpg

 

Sandrine Treuillard
Jehanne Sandrine du Sacré Cœur & de la Sainte Eucharistie
en la fête de Notre-Dame du Saint-Sacrement
le 13 mai 2019
Vanves

 

 

 

[i] J’ai appris par la suite que les flammes avaient épargné les vitraux de la nef et du transept. Ils ont été démontés et nettoyés, déposés en lieu sûr.

Les images :

- 2 détails du vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Paris : L'arbre de Jessé et la baie gothique complète.

- 2 photos du zona, Sandrine Treuillard

- Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres

- 2 photos de l'incendie de Notre-Dame de Paris, Nuit du 15-26 avril 2019, et celle du drone.

- Un vidéogramme de la vidéo Mon âme s'élance, Sandrine Treuillard