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22.11.2015

Désormais, la matrice chrétienne de notre pays ne fait plus autant l’objet d’un déni insolent

         Il y a deux ans et dix mois, La Vaillante relayait pour la première fois la parole de Tugdual Derville, analysant les grandes manifestations de 2013. Retrouvant ici ce même don de conscience positive des événements, voici ce texte qu’il publie dans son blog une semaine après les attentats du 13 novembre 2015.

 

tugdual derville, la france, politique, foi, christianisme         Fluctuat nec mergitur : une maxime qu’on date du seizième siècle a émergé au lendemain des terribles attentats terroristes du 13 novembre 2015. Trois mots en forme de bouclier inscrits sur le blason d’une très vieille cité qui s’affirme insubmersible. Trois mots qui contrastent avec trois autres qui s’étaient imposés après les premiers massacres de janvier. Secoué, mais pas coulé ! La devise latine de Paris résonne aussi comme un pied de nez aux agresseurs. Mais nous sommes passés de la provocation à la vocation. De l’ironie à la vie. C’est elle qui continue, légère et grave. Les vivants le doivent aux victimes innocentes de ces tueries. Mort, où est ta victoire ?


tugdual derville,la france,politique,foi,christianisme         Ce qui est vrai à l’échelon d’une personne éprouvée trouvant dans son passé les ressorts pour rebondir se vérifie pour les familles ou les communautés qui endurent une épreuve collective. Nous sommes en quête de sens. Voilà ce qu’expérimente aujourd’hui notre pays, par sa capitale où, du fait d’un système centralisateur, bat une bonne part du cœur de la France. Paris, qui n’en est pas à sa première blessure, se recueille pour se relever. A l’heure des cérémonies, l’on s’étonnerait à peine d’entendre une des têtes de l’exécutif évoquer la figure de sainte Geneviève, patronne de Paris et des gendarmes, qui sauva la ville d’autres barbares, en l’an 512 !

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         Embrasser la totalité de son Histoire, pour mesurer la valeur de son héritage, est bien plus consolateur et porteur de sens que l’appel incantatoire aux « valeurs de la République » qu’on exhibait jusqu’ici sans être en mesure de préciser leur contenu. Plus la blessure est profonde, plus il faut remonter loin, et haut. Et Dieu sait si, cette fois, la France est blessée ! Et le monde n’est pas indifférent comme l’atteste la diffusion mondiale d’un appel à la prière pour Paris, encore trois mots, cette fois d’Anglais, sous l’image stylisée de la vieille dame de fer qui veille sur la capitale…

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         Désormais, derrière le drapeau tricolore et l’hymne national, la référence à l’Histoire ne s’arrête donc pas à l’évocation d’un régime : ce sont toutes nos racines qui sont convoquées. Et parmi elles, la matrice chrétienne de notre pays ne fait plus autant l’objet d’un déni insolent. Qui prétend encore faire table rase de l’origine de notre nation en la faisant naître en 1789 ? L’Histoire est un tout. Et qui oserait refuser le recours à l’intériorité et à la prière dans les temps de grand deuil ? L’homme souffrant ne peut pas admettre qu’on le prive de son ressort spirituel.

         De ce point de vue, l’alarme sonne aussi comme un réveil. Dimanche 15 novembre 2015, une affluence inhabituelle a été observée dans les églises, tandis que de petites lumières brûlaient devant les lieux où des Français et des étrangers, de tous âges, de toutes conditions et de toutes religions, avaient rencontré la mort.

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         Milan Kundera s’étonnait : « La France est le seul pays au monde où l’on n’apprend pas à aimer la France… » Car, en maints endroits du monde, la France est encore attendue. Fallait-il une Marseillaise entonnée à Londres avec nos adversaires anglais, avant le coup d’envoi d’un match sportif à l’enjeu soudain dérisoire, pour nous en convaincre ?

         Quelque chose a donc changé. Depuis janvier, il n’est plus de bon ton d’afficher son mépris pour ceux de nos compatriotes qui s’engagent dans des métiers consacrés à notre sécurité…

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         Il est enfin possible d’éprouver, sans fausse pudeur, l’« amour sacré de la patrie », cette douce France, pays de cultures, où nous voulons vivre en paix.

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Tugdual Derville

publié le 20 novembre 2015
in Le blog de Tugdual Derville

 

 

Photographies :

- Trois bougies aux couleurs françaises devant l'Ambassade de France à Lima, au Pérou, le 15 novembre 2015. AP

- Recueillement devant Le Carillon près du Bataclan. Ian Landsom/EPA/LANDOV

- Le Christ rédempteur de Rio de Janeiro illuminé au drapeau tricolore

- Un militaire du plan Vigipirate devant la Tour Eiffel le 16 novembre 2015 à Paris - AFP JOEL SAGET

- "Paix". Yann Levy

 

25.09.2015

La vulnérabilité créatrice : Lettre ouverte d’une artiste

Quand l’artiste cherche sa place dans la société

Soigner n'est pas tuer Alliance Vita Écologie humaine         La première fois que j’ai vu Tugdual Derville, je me trouvais couchée sur le parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro. J’étais en blanc parmi cette foule d’anonymes dans la même position que moi. Un homme, debout, surgit et marcha à grandes enjambées en comptant les corps. Je crois qu’il en dénombra 700. Un de mes voisins me dit qui c’était : le Délégué général d’Alliance Vita. J’étais là, comme nombre de ces autres personnes, pour ne pas laisser brader la mort & la fin de vie, pour défendre les plus fragiles et les aimer jusqu’au bout tant qu’il y a souffle et étincelle. Une fois debout et animés pour la chorégraphie, les visages de cette foule étaient ceux de clowns tristes. Un même clown triste brandissant un cœur place des droits de l’homme, la Tour Eiffel en fond de toile. C'était en mars 2012.

La Vaillante         Ce jour béni du 13 janvier 2013, je me trouvais au pied de la Tour Eiffel, dans la nuit et le froid, à 19h30 : des flocons frétillaient autour d’elle. Le Champ de Mars était désert. Je n’avais pas eu accès au podium, aux discours de cette fin d’après-midi, coincé qu’était le cortège venu de la place Denfert Rochereau dans une rue attenante. La nuit flottait au-dessus de la pelouse désertée. Les dégageuses balayaient. Quelques employés verts de la Ville de Paris ramassaient d’ultimes papiers sur le rectangle de pelouse. C’était le grand vide. Et l’extrême présence. Au pied de cette Tour majestueuse j’eus une vocation. Pour la première fois je pris une photographie avec mon Blackberry. Une seule. En contre-plongée. Le rai de lumière, phare à son chef, et celle révélant la dentelle de sa robe d’acier. La Tour Eiffel devint le symbole immédiat de la France qui se réveille. Celui de La Vaillante, Paroles de fond & de veille au service de la vie dans la société française_Post 13 janvier 2013 : le blog que je mis en ligne dès le 16 janvier. 

http://lavaillante.hautetfort.com/connaitre-et-aimer-son-pays.html         Dans ce blog, je commençai par relayer la parole de Tugdual Derville (avec Gérard Leclerc) : son analyse pertinente des événements travaillant la société & sa soif de propositions (Genèse de La Vaillante). Quand le Courant pour une Écologie Humaine prit naissance, j’étais là, à son lancement, le 22 juin 2013, à la Cité Universitaire. Je m’étais inscrite dans la section Art & culture : en tant qu’artiste vidéographe et au titre d’éditrice de La Vaillante, cela convenait parfaitement. Camel Bechikh témoigna de son amour et de sa reconnaissance pour/de la France. Je lui indiquai alors la page Connaître & aimer son pays. Quelques mois plus tard la page Une raison d’espérance commença à présenter la parole de Fils de France, assurant les retranscriptions des conférences & interventions publiques de son président. Par-là, j’en vins assez vite au dialogue islamo-chrétien, le pendant catholique étant la page La France & le Sacré Cœur.

Quand l’artiste est présent au lieu & au temps


         
Dans le processus de création qui m’anime, la contemplation du monde, de petits périmètres dans la nature, prend une grande place. Ou, plutôt qu’art de l’espace, la contemplation s’inscrit dans le temps, la durée. Je contemple : cum, avec, templum, le lieu : suis présente au lieu, attentive au temps qui passe dans et sur le lieu, à la métamorphose des éléments (lumière, vent, sons, paroles… : musique des lieux) qui le modèlent, l’altèrent (le rendent autre) et révèlent quelque chose de l’être du lieu, de l’invisible, au delà du hors-champ. Qui peint aussi, sur le motif, les liens qui se tissent entre mon intériorité et ces événements du lieu. Plus être au monde que faire. Plus recueillement, prière, accueil, qu’action. Mon outil est la caméra numérique dans la paume. Je suis moi-même l’instrument du lieu, du temps, avec cette prothèse organique qui opère, qui est vecteur de mon regard. Mon corps se laisse altérer, la fatigue faisant son œuvre dans l’incarnation même de l’acte du regard.

MoissonneuseGrdPlan.png         C’est aussi ce que j’ai fait avec La Vaillante : observant et m’engageant intérieurement avec le monde extérieur, collectant des articles, des textes, ou retranscrivant des vidéos, des passages de film ayant trait à l'agriculture & au monde rural (Le temps des grâces), des témoignages, des enseignements, des émissions radio. De natures politique, religieuse, sociétale, artistique, éducative… Les disciplines se croisent, se répondent, comme dans la société réelle.

Institut de beauté         À certains moments, l’artiste qui était en veilleuse pour laisser place à l’observatrice et analysante des évé-nements, a eu besoin de refaire surface, de reprendre la parole depuis sa position d’artiste. Ainsi, la vidéographie Institut de beauté se mit-elle en dialogue avec Kim-Olivier Trévisan de l’alvéole Habitat & Architecture de l’Écologie Humaine, dans un texte intitulé Portrait d’un homme dans son paysage. Ou encore, à la réception de l’article repris de Evangelii gaudium, Le temps est supérieur à l’espace, la vive réaction d’un artiste et directeur artistique d’un Festival vidéo subventionné me fit répondre par le témoignage de ma foi en tant qu’artiste catholique (Artiste, témoin d’intériorité & d’extériorité : quelle forme au témoignage ? Avec la lecture & l'encouragement de Gérard Leclerc).

L'encielement Édith & Etty 4.jpg         Et plus récemment, la vidéographie intitulée Enciellement Édith Etty donna naissance à une nouvelle page enrichie de plusieurs articles : Faire œuvre de beauté, touchant à la mort, au don de soi, en résonance avec les vies de Édith Stein et de Etty Hillesum. Cette dernière page enrichie est issue d’une autre, La force impressionnée, antérieure et fondatrice de ma proposition de définition de l’Écologie Humaine par la méditation de cette citation de Édith Stein : « En fait d’impressionnabilité, l’enfant, l’artiste et le saint sont frères ». La notion spécifique d’impressionnabilité de Édith Stein y étant méditée et entendue comme une variation de la vulnérabilité créatrice.

         Et vinrent les Premières Assises du Courant de l’Écologie Humaine, les 6-7 décembre 2014, après dix-huit mois de travail.


Les premières Assises du Courant de l’Écologie Humaine

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1èresAssises ÉH_0001.jpg    
Quatre petits ronds roses représentent les alvéoles ART ET COMMUNICATION sur le plan. Deux petits ronds roses représentent la ”sous” alvéole Art et culture. Deux ronds roses sur soixante-quinze représentent mon domaine de préoccupation. Soit 2,666%. Car il faut bien s’inscrire dans une réalité, telle qu’elle se propose. Seulement, dans le fond, l’art que je pratique ne se regarde pas seulement soi-même. Il a soif de rencontres avec les domaines médical, scientifique, technologique ; avec le monde rural & agricole, l’environnement, la nature, l’architecture ; avec ceux du travail, de l’éducation, de la transmission, de la famille ; ceux de la politique, de l’histoire. Celui de l'édition : aussi bien pour la publication des dvd des vidéographies, que de l'édition papier reprenant les écrits de l'artiste sur sa pratique (Journal de bord en ligne Machina perceptionis). 

Écologie humaine,sandrine treuillard,tugdual derville,jean-guilhem xerri,gérard leclerc,françois-xavier de boissoudy,art & culture,artiste,politique,foi         « Prendre soin de tout l’homme » : l’art est ce qui circule, un souffle qui draine la société, humblement, discrètement, comme la prière vient nourrir en profondeur une journée. On voit qu’une société est malade quand elle ne prête plus attention à ses artistes, quand elle n’attend rien d’eux, quand elle ne voit pas ces quêteurs et créateurs de sens. Quand la société devient sourde à ses artistes, c’est son âme qui est en danger. Le domaine de l’art devrait être en dialogue avec les autres domaines. Les artistes du Courant devraient être reliés à d’autres membres d’autres disciplines. Par exemple, la peinture accrochée au rideau noir durant les Assises, La lucarne ou la naissance de la lumière de François-Xavier de Boissoudy résonne avec la science optique. C’est en clignant des yeux qu’il a constaté la décomposition colorée de la lumière tombant de la lucarne dans cette cage d’escalier en colimaçon (photographie ci-contre). Souvent, l’art pictural (et l’art vidéographique, de surcroît, qui est art de la lumière à la suite de la photographie) fait appel à la phénoménologie (de la perception), un autre domaine des sciences humaines.

ArIm Instit 2.jpg         L’art (vidéographique) est un lien social et spirituel qui a des outils (technologiques) à son service pour s’incarner, se dire, se développer. La caméra est un média, un instrument qui enregistre ce qui se passe dans l’intervalle, dans l’interstice. Le filmage est la manifestation d’un lien qui se tisse. Un geste qui engage le corps et en dévoile la limite (fatigue). La caméra devient une sorte de prothèse organique. Le regard est humanisé : l’art numérique s’humanise dans la pratique subjective de l’artiste, dans les rapports qu'il décline dans le temps avec ce média. L’artiste se prêtant au filmage développe la conscience de son lien à l’instrument dont il use. Il responsabilise son regard. Sa posture intérieure de recevoir le réel implique de se laisser agir dans ses sens, sa perception. L’écoute du lieu et des éléments qui le colorent et lui donnent son caractère lui enseigne l’humilité. Autant il apprivoise la technique que le lieu. Il apprivoise son regard en le laissant naître (Des machines à méditer). 

ArIm Instit 4.jpg

         Je propose donc de désenclaver l’art déjà au sein du Courant de l’Écologie Humaine, en faisant se rencontrer les artistes non pas seulement entre eux, mais avec des personnes qui s’engagent dans d’autres disciplines du Courant, selon leurs affinités. Je vois (idéalement) un artiste associé à chaque rond de couleur du plan repris ci-dessus. L’artiste a des choses à transmettre à ses contemporains. Il participe de l’âme de la société. Il a aussi à puiser dans les savoirs, expériences, pratiques de ses contemporains. Pour vivre, l’art a besoin de proximité avec autrui. Nous sommes interdépendants. Travaillons ensemble.

         Je propose donc qu’il y ait des sortes de parrainages entre des artistes du Courant de l’Écologie Humaine et des disciplines extérieures à l’alvéole ART ET COMMUNICATION. Le contenu de l’œuvre d’un artiste résonne avec d’autres domaines que le sien propre. C’est en cela que l’art est aussi affaire de société, de lien social. Dans Utopia de Thomas Moore, la société décrite jugée idéale et parfaite aux yeux de son inventeur ne produit plus d’artiste. Elle n’en a plus besoin.

L’art vidéographique pour les personnes malades et le monde médical

Capture d’écran 2014-12-13 à 15.11.31.png         Ainsi, pour ma part, je souhaite proposer aux hôpitaux, aux malades qui en auraient la force et le désir, de regarder en ligne mes travaux vidéo sur des tablettes avec des écouteurs, et de lire les articles du Journal de bord en ligne Machina perceptionis qui s’y rattachent. Ou, pour certaines vidéos qui le demandent, de lire sur lecteur portable le dvd (Quel éditeur s'engagerait à les publier, accompagnés de leur livret ?). Mes vidéographies étant toujours issues de filmages de l’environnement ”naturel” ou du jardin, du domaine cultivé et transformé par un homme, ce serait apporter dans la chambre d’hôpital un coin de ”nature”. Donner à vivre à la personne alitée une expérience de perception de la nature. Le temps de la maladie pourrait ainsi se conjuguer avec le fait de nourrir sa vie intérieure, de vivre une expérience intérieure en étant convalescent. D’établir un colloque intérieur avec l’expérience que la vidéographie transmet. Le temps de la maladie pouvant ainsi être une belle occasion de s’autoriser à vivre le temps de la contemplation, difficile d’accès dans le quotidien habituel. Par l’œuvre vidéographique accéder « la petite cellule qui est en soi », à son jardin intérieur.      

ArrIm chardon blanc 7.jpg         Dans ce Journal de bord publié en ligne Machina perceptionis (ici, Konrad Fiedler « Sur l’origine de l’activité artistique » ) sont publiés d’assez nombreux articles ayant trait à ce qu’est la vidéographie, écriture du voir : une attention au processus de la perception qui, avec le temps, s’affirmera de plus en plus spirituellement. Je pense ici aux articles  La leçon du vidéographe et à l'Éloge de la main (Focillon). L’expérience perceptive s’altère en quête spirituelle. La perception et la spiritualité s’affectent mutuellement. Le corps y a sa place, centrale, incarnant, épousant des réactions aux phénomènes de la perception (”affections corporelles”). 

         Aussi, le dimanche 7 décembre matin, en ce second jour des Premières Assises du Courant de l’Écologie Humaine, Jean-Guilhem Xerri a exposé sa vision de la vulnérabilité, de la contemplation, de l’outil technologique au service de l’homme et non aliénant : 

         « Les technologies permettent aujourd’hui de changer la nature humaine elle-même. Cependant l’enjeu n’est pas de devenir post-humain ou sur-humain, mais plus humain. Pour qu’il y ait une authentique révolution de la bienveillance, il faut au préalable une révolution de l’intériorité ».



AIm SixtineC..jpg         Quand Jean-Guilhem Xerri parle de « révolution de l’intériorité », entendons un tour complet, un retournement, une conversion de notre attitude devant notre vie intérieure. Une attention particulière et une confiance en notre intériorité. Pour effectuer cette révolution, encore faudrait-il avoir de la considération pour cette part de nous-même, pour aller la chercher et l’apprivoiser. Cette vision de l’homme rejoint mon désir de faire découvrir mes vidéographies aux personnes malades et au monde médical. Le personnel médical aussi, infirmières, médecins, personnes qui font le ménage dans les chambres (et le monde du travail en général, quel qu’il soit) a besoin de contemplation. Chacun a besoin de se retrouver « dans la petite cellule qui est en soi » pour l’habiter, la nourrir, en prendre soin et en retirer du plaisir. Apprendre à la connaître, la reconnaître comme source de vie, de bonheur, de consolation voire de délectation. Cette petite cellule en soi bien souvent méconnue, négligée, atrophiée voire méprisée. Souvent blessée. Ainsi, mon travail d’artiste vidéographe s’adresse-t-il à tout homme dont le désir est de restaurer ces liens, libres, avec la part précieuse blottie en soi. Chacun se verrait la possibilité d’aller puiser à la vidéographie qui l’attirerait, de dialoguer avec elle dans un colloque intérieur. La contemplation est aussi invention.

Sandrine Treuillard
13-XII-2014

L'Écorchoir (I/III)

3 plans (12 min; 23 min -muet; 21 min -muet) _ X 2009
coul _ 16:9 _ mini-dv
Installation vidéo triptyque, 3 écrans Lcd


Mesure du temps d'un paysage de montagne. L'amoncellement des nuages blancs aux prises avec les modifications atmosphériques & avec la ligne sinueuse des rochers. Du "plan fixe à la main" qui mesure le temps par le corps & donne son bougé à l'image (équilibre), au zoom dans un détail du paysage : comment filmer du réel devient peinture. Une heure s'écoule entre le premier plan et la fin du dernier.

Dispositif de visionnage : sur 3 écrans plats LCD accrochés aux 3 parois d'une pièce en U - 16:9 - 106 cm - dotés de bonnes enceintes pour l'écran de gauche - 3 canapés (banquettes) disposés en U

 

09.10.2014

La France a créé la surprise en faisant jaillir avec nous une alternative, fidèle à son Histoire

« Chers amis,

 

Vous êtes revenus ! Nous sommes revenus, foule immense et pacifique, avec exactement la même motivation et pour la même raison que celles qui ont fait naître notre mouvement : la protection de l’être humain, de l’enfant contre une forme toute nouvelle de maltraitance, la maltraitance originelle. La privation délibérée de la moitié de son patrimoine généalogique, celle du père par détournement de la PMA, ou celle de la mère par la GPA.

tugdual derville, lmpt, politique, conscience,

Je ne reviendrai pas en détail sur ce que ces dernières semaines ont révélé. Ceux qui ont toujours tenté d’étouffer notre voix ne peuvent que constater aujourd’hui les faits : nous avions raison, depuis le début, nous disions vrai : cette loi nous vendait un immeuble entier, avec sa façade trompeuse (le mariage pour tous), sa pièce en fond de cour (l’adoption), et ses appartements cachés (la PMA et la GPA). Et le gouvernement n’a même pas eu le courage d’agir contre ces dérives, alors que de nombreuses personnalités de sa propre famille politique le lui avaient pourtant demandé.

C’est pourquoi, chers amis, je veux constater avec vous combien notre mobilisation de ce jour est précieuse : le Premier ministre lui-même nous a rendu hommage à sa façon en s’exprimant enfin sur ces sujets avant-hier. En effectuant un revirement sur la GPA, contredisant ce qu’il avait affirmé en 2011, quitte à humilier ceux auxquels il avait alors apporté son soutien ; et pour la PMA en se défaussant sur le Comité d’éthique… Cela ne trompe personne, il est intervenu pour décourager nos manifestations. Mais il nous a surtout donné raison ! Car ce ne sont que des paroles, et nous attendons des actes !

Avec les élus de tous bords qui nous soutiennent aujourd’hui, et qui sont plus nombreux que lors de notre dernière grande mobilisation, nous voulons donc adresser un message à tous les gouvernants d’aujourd’hui et de demain : à ceux qui s’étonnent encore que nous soyons simplement tenaces, redisons que nous le sommes parce que protéger le plus faible de la loi du plus fort est bel et bien un enjeu politique prioritaire.

Nous ne pouvons pas accepter qu’une poignée de personnes s’octroie le droit de faire basculer notre pays dans un tel changement de civilisation : une société dans laquelle on passe commande d’un enfant.

La politique digne de ce nom nécessite cohérence et constance, au service de la justice. La démocratie se dénature si elle piétine les droits des plus faibles, des sans-voix quels qu’ils soient : enfants, personnes handicapées, personnes rejetées, personnes isolées, personnes âgées.

tugdual derville, lmpt, politique, conscience, Je voudrais surtout insister aujourd’hui sur la promesse magnifique que fait naître notre mouvement pour la France, pour l’Europe et le reste du monde : celle d’une autre culture, une culture altruiste, tournant le dos à l’individualisme dans lequel s’est engouffré la loi Taubira et ses conséquences. Cette nouvelle culture doit être fondée sur des repères anthropologiques qui ne trompent pas :

-  L’altérité sexuelle, à la source de tout engendrement.

-  La famille, écosystème de base à protéger en priorité, première source de solidarité, premier amortisseur de crise. Quand comprendront-ils qu’en période de chômage ou de crise du logement, c’est la famille qui est la valeur refuge ?

-  Et – j’ose le dire – la maternité comme précieux élément du patrimoine de l’humanité, qu’on ne doit ni occulter, ni escamoter, ni éclater, comme c’est le cas dans la GPA. Oui, chers amis, c’est désormais le mot clé : maternité. Chacun d’entre nous, comme tout être humain, et quels que soient nos souffrances, nos errances et nos deuils, qu’il soit homme ou femme, a longuement séjourné dans le corps d’une autre. Cette expérience originelle fait partie intégrante de notre histoire intime et a un immense impact sur notre existence d’aujourd’hui. Valoriser et préserver la maternité : voilà le vrai progrès ! Dévaloriser la maternité, prétendre qu’elle peut être vécue comme un service marchand et s’achever par une séparation contractuelle, l’imaginer dans une machine comme certains scientistes persistent à la prévoir, qui prédisent l’utérus artificiel, c’est faire preuve d’un dangereux négationnisme anthropologique.

Voilà pourquoi ce que nous demandons au gouvernement est urgent et prioritaire : nous demandons que la France, dans la belle tradition qui est la sienne de non marchandisation du corps et de protection des droits universels de la personne, s’engage – comme elle a su le faire contre le clonage – pour l’abolition de la GPA et du détournement de la PMA. Désigner ces dérives pour ce qu’elles sont, des maltraitances originelles, c’est faire progresser l’humanité. Nous voulons aussi sauver notre politique familiale qui fut un modèle dans le monde entier. Le gouvernement actuel la remet en cause et nous ne pouvons l’accepter.

tugdual derville, lmpt, politique, conscience, Chers amis, notre mouvement social devra compter demain dans les grandes échéances qui déterminent l’histoire de notre pays. Je veux parler des échéances électorales et politiques. Nous devrons alors nous faire entendre, avec la constance de nos convictions et la force de notre liberté, c’est à dire notre indépendance absolue vis-à-vis des joutes partisanes. Avons-nous conscience qu’aucune association, aucun mouvement politique ou syndicat ne peut rassembler autant de personnes pendant trois ans ?

Déjà nous agissons, chaque jour, dans nos associations, nos régions, nos quartiers, nos entreprises, parce que nous sommes tout simplement engagés au service du bien commun.

Nous sommes tout simplement en train d’insuffler une espérance nouvelle et cela se sait, cela s’entend bien au-delà de nos frontières, comme en atteste la présence des soutiens internationaux qui témoignent aujourd’hui devant nous ! Oui, la France a créé la surprise en faisant jaillir avec nous une alternative, fidèle à son Histoire : courageuse, généreuse, et qui sait se rebeller contre la toute-puissance.

Chers amis, l’âme de la France s’est réveillée, il ne tient qu’à nous qu’elle embrase le monde !

Merci ! »

 

Tugdual Derville
Porte parole de La Manif Pour Tous
Le 5 octobre 2014

 

Photos : La Manif Pour Tous

 

19.04.2013

Ce qu'est l'homophobie selon la Théorie du Genre

Qu'est-ce que l'homophobie ? Réponse de SOS Homophobie dans cette émission "Du grain à moudre" sur France Culture.
Vous voulez voir l'état de la culture officielle dans notre pays ? Où en est la Théorie du genre ? Écoutez cette émission où dès le début, par la problématique posée, l'antenne France Culture se place en propagandiste de la cause de cette théorie. Tugdual Derville s'en sort bien, mais aura-t-il été écouté et entendu par les auditeurs habitués au bain de la culture libertariste & libéralisante ? :

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4607954

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4607954     "Du Grain à moudre" le 15 avril 2013

Et aussi Observatoire de la Théorie du Genre : http://www.theoriedugenre.fr/
Page facebook de l'Observatoire de la Théorie du genre :
https://www.facebook.com/pages/Observatoire-de-la-théorie-du-genre/301879863274835?fref=ts

Théorie du Genre : Institut de Formation Politique (PDF) :
http://www.ifpfrance.org/images/stories/Fichiers/les%20notes%20de%20l%5C%27ifp_n%B04_la%20th%E9orie%20du%20genre_d%E9cembre%202012.pdf

Camille Fornello
pour La Vaillante

10.04.2013

C’est pour l’homme que la société doit être gouvernée

« Un grand mouvement réveille la France depuis plus de six mois, avec la perspective de la mobilisation du dimanche 24 mars. Marqué par l’unité et la diversité, il est observé avec surprise dans toute l’Europe et au-delà. Les manifestations de masse de l’automne 2012 et du 13 janvier 2013, l’énorme bouillonnement des réseaux sociaux et la multiplication des réunions publiques et des échanges ont de quoi surprendre même leurs organisateurs. Ce mouvement est historique. Il traduit à nos yeux un questionnement massif, en rupture avec la pensée dominante :       que sommes-nous en train de faire de l’humanité ?

Cette remise en cause s’est cristallisée autour du projet de loi dit du « mariage pour tous ». Mais il ne faut pas se leurrer : ce qui s’exprime désormais dans ce mouvement dépasse l’opposition à une loi ; il s’agit d’une revendication plus profonde, radicale. Elle concerne le sort de l’être humain dans la société contemporaine. Est-il un simple matériau, objet d’expérimentations techniques, sociales, économiques ou médicales ? Ou bien est-il la mesure de toute chose à laquelle s’ordonne et pour laquelle doit s’organiser la société ?

Dès lors que l’homme n’est qu’un matériau, il est utilisé au nom de l’amélioration de la performance économique ou biologique pourvu que cela comble certains désirs ; le Parlement légifère sur la nature humaine au gré de groupes d’intérêts ou de théories qu’on nommera « sens de l’Histoire » ; les entreprises considèrent l’être humain comme une variable d’ajustement de l’efficacité ; les politiques environnementales en viennent à protéger la nature au détriment de l’homme. Le voilà soumis à la technologie, à ses rythmes et ses exigences, au mépris de sa dignité et de sa liberté. Alors que le mot « humanisme » est dans tous les discours, c’est aujourd’hui la nature de l’homme qui est attaquée.

En s’emparant de la question du mariage et de l’engendrement, les manifestants ont affirmé que la personne humaine est la mesure de toutes choses. Y compris aux stades les plus vulnérables de son existence. Car l’humanité ne saurait être un problème à dépasser : c’est une espérance à accomplir. C’est pour l’homme que la société doit être gouvernée. Il est à nos yeux significatif que le projet de loi qui a fait naître pareille résistance soit marqué par la volonté de toute-puissance de ses promoteurs, à la fois sur le fond – le déni de la réalité de l’altérité homme-femme, du mariage et de l’engendrement – et sur la forme : le refus du véritable débat, jusqu’au rejet de la plus vaste des pétitions jamais enregistrées. Nos modes de coordination démocratique se révèlent donc incapables de prendre en compte des signaux majeurs, qui témoignent pourtant des préoc­cu­pa­tions existentielles d’un grand nombre de citoyens. Pire, la puissance publique est elle-même mobilisée au service d’un projet de dénaturation de la vie humaine.

Il y a près d’un demi-siècle, l’écologie a émergé comme l’alternative au tout économique et à la mécanisation effrénée. Elle a donné l’espoir d’une société différente, plus respectueuse de la nature. Mais le statut de l’homme dans cette écologie est resté ambigu : en France, sa traduction politique a pu prendre des positions bioéthiques incohérentes. En raison des liens profonds et originels entre la vie humaine et cette nature, nous croyons toujours que la réconciliation entre la société contemporaine et la nature reste possible.

Le temps est venu de construire tous ensemble un grand courant d’écologie humaine. Nous sommes devant une responsabilité historique vis-à-vis de nos contemporains comme des générations futures. Il s’agit de reconnaître que l’essence de l’homme et son humanité constituent un précieux patrimoine intergénérationnel. Accueillir ce patrimoine avec émerveillement, en prendre soin et le transmettre fait partie intégrante de l’écologie humaine. Métapolitique, comme le fut l’écologie environnementale à son émergence, elle est appelée à être prise en compte dans toutes les sphères de la société, à commencer par les partis politiques. Elle offre une alternative durable à la tenaille libérale-libertaire où l’humanité est broyée.

L’homme est la seule mesure ! C’est pour lui que nous appelons aujourd’hui à la tenue des Assises de l’écologie humaine. Elles seront ouvertes à tous les citoyens qui affirment que le progrès de la technique, de l’économie, de la bioéthique ou des politiques environnementales doivent avoir pour seule justification le service de tout l’homme et de tous les hommes. »

Pour en savoir plus, consultez le site http://www.ecologiehumaine.eu/

 

 

Tugdual Derville, Pierre-Yves Gomez, Gilles Hériard Dubreuil

Tribune collective de Tugdual Derville, fondateur de « À Bras Ouverts », délégué général d’Alliance Vita - Pierre-Yves Gomez, économiste, directeur de l’Institut français de gouvernement des entreprises/EM Lyon - Gilles Hériard Dubreuil, spécialiste de la gouvernance des risques technologiques, président du Fonds pour la culture démocratique.
Publié dans le journal La Croix, le 21 mars 2013 

 

18.02.2013

Qui aurait imaginé devoir défendre l’altérité sexuelle à la source de toute vie ?

 

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 Photographie du collectif "La Manif Pour Tous" - 13 janvier 2013

« Qui aurait imaginé devoir défendre l’altérité sexuelle à la source de toute vie ? L’immense foule du 13 janvier a manifesté son attachement viscéral à ce bien universel. J’ai salué ce jour-là, au Champ-de-Mars, un grand mouve-
ment d’écologie humaine. Précisons qu’il ne s’agit plus seulement de décrire l’activité organisée de l’Homo sapiens : comme l’écologie environnementale, l’écologie humaine surgit de la prise de conscience d’une nouvelle capacité destructrice. Car
des chercheurs tablent sur les biotechnologies et sur la loi pour défaire l’articulation entre nature et culture propre à l’humanité ; nouveau Prométhée, ils nous affranchiraient de l’évolution, en appliquant au corps humain les progrès de la génétique, des neurosciences, des nanotechnologies, etc. Ils rêvent tout haut de recréer un homme “augmenté” : supérieur, invulnérable, immortel. L’enjeu éthique est majeur.

Dans une récente tribune pour Slate.fr, Jacques Attali, dont je ne suis pas un disciple, voit dans le mariage homosexuel une « anecdote », étape d’une déconstruction de l’anthropologie naturelle vers une « humanité unisexe ». Le mariage homosexuel consacrerait la rupture entre la relation sexuelle et la procréation… Un marché de fabrication d’enfants à la demande, vérifiés avant livraison, se profile. Des tenants de la théorie du genre comptent sur l’utérus artificiel pour “libérer” les femmes de la maternité. Mais surtout le lobby de la “transhumanie” vise carrément un nouvel homme, le Cyborg (organisme cybernétique) domptant les trois limites de notre nature : le corps (sexué), le temps et la mort. Le stock français des 171 477 embryons congelés (réclamés par des chercheurs) ou les frères américains conçus ensemble in vitro, mais nés à vingt ans d’écart, bousculent déjà ces limites. Hormone de croissance, pilule de la troisième génération… N’avons-nous pas assez d’apprentis sorciers ?

Jacques Attali soulève trois questions : « Comment permettre à l’humanité de définir et de protéger le sanctuaire de son identité ? Comment poser les barrières qui lui permettront de ne pas se transformer en une collection d’artefacts producteurs d’artefacts ? Comment faire de l’amour et de l’altruisme le vrai moteur de l’Histoire ? »

En affirmant que tout être humain est marqué par l’interdépendance, osons répondre que l’humanité vit de quatre aspirations spécifiques : amour, vérité, justice et paix. Inconsciemment la loi Taubira en priverait des enfants. D’autres dérives de toute-puissance menacent ces valeurs : l’euthanasie, contraire à la dignité humaine, l’eugénisme, qui décerne des brevets d’humanité, et son pendant, le transhumanisme, qui rejette la fragilité propre à notre identité.

Face à ces fantasmes de toute-puissance, l’écologie humaine relève le défi d’une culture de vulnérabilité, clés du véritable progrès de l’humanité. »

Tugdual Derville
Valeurs Actuelles, 14 février 2013

10.02.2013

Ce dont la Tour Eiffel a été témoin le 13/01/13 - Rendez-Vous le 24 mars à Paris

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Photographie du collectif "La Manif Pour Tous" - 13 janvier 2013

 

"Les Zamis, zéro découragement ! Pensons aux résistants qui nous ont précédés.
Allons aussi jusqu'au bout pour servir la justice et la paix.
"

Tugdual Derville

Tweet du 9 février 2013


On ne ment pas aux enfants,

On ne ment pas à la Tour Eiffel,
On ne ment pas à La France,
On ne ment pas à La Vaillante.

Rendez-vous le 24 mars à Paris


« Le gouvernement comme le chef de l'État n'ont pas encore mesuré tout de ce qui se joue avec notre mobilisation, même si son caractère historique est incontestable. C'est à nous de leur montrer notre ténacité... Il nous faut continuer à débattre partout en France sur le sujet, sensibiliser les parlementaires dans la durée et investir la rue par diverses initiatives. Mais ce qui est né dépasse largement le quinquennat actuel. Notre engagement est méta-politique : il doit rayonner dans toutes les sphères de la société. Nous n'avons rien à vendre ni à acheter, étant mus par un altruisme qui nous fonde sur le roc ! Je crois surtout que l'attitude de non-violence, d'écoute et de respect est le meilleur gage de notre réussite. Face à la posture souvent agressive de nos adversaires, la bienveillance tenace est notre force. L'élan irréfragable né le 13 janvier est un mouvement de paix sociale. »

Tugdual Derville

Politique Magazine, 6 février 2013

03.02.2013

Tugdual Derville invité par Louis Daufresne

Louis Daufresne, dans son émission Le Grand Témoin, s'entretient avec Tugdual Derville, le 28 janvier 2013.

La Vaillante retranscrit en trois vidéos l'entretien radiophonique, plus une quatrième de l'éditorial du jour.


1ère partie/3

 Tugdual Derville (interviewé par Louis Daufresne), extraits :

« La nécessité pour nous est de manifester un profond respect des personnes et ce profond respect ne peut être manifesté que si au fond de nos êtres nous sommes dans une non-violence intérieure. »

« Cela me fait penser à une société adolescente qui récuse tout ce qui peut poser des limites, limites nécessaires à la vie en société, les dures limites qui constituent la condition humaine aussi, et qui nous permettent, si nous nous limitons nous-mêmes, de respecter les plus faibles. Parce que la démocratie c'est la loi du plus faible qui l'emporte sur la loi du plus fort, sinon il n'y a pas besoin de loi. Effectivement, ceux qui posent des limites sont brutalisés. Mais ça ne veut pas forcément dire qu'ils ne sont pas entendus. Les parents le savent bien : à certains moments, l'adolescent vomit sa famille (et c'est, d'une certaine manière, une façon pour lui de s'exprimer, c'est peut-être nécessaire). Et à un moment donné l'adolescent reconnaît que cette autorité a construit l'exercice de sa propre liberté. »

« La France est un pays où nous nous divisons parfois très fortement. C'est aussi un pays où le peuple se rebelle lorsque le pouvoir entre dans la toute-puissance, avec d'énormes risques. On n'a pas tout à fait les mêmes risques que dans d'autres périodes révolutionnaires, mais j'ai noté que certains quotidiens italiens avaient parlé de « Révolution française ». Effectivement, ce projet de loi est dans la toute-puissance : il vient nier un repère fondamental, celui de l'engendrement, celui dont nous sommes tous issus, tous nés d'un homme et d'une femme. Et ce qui couvait sous la cendre, le feu de résistance qui couvait sous la cendre a éclaté le 13 janvier. Face à cela, c'est vrai, il y a une idéologie de la toute-puissance qui refuse toute forme de limites et qui ne sait même pas elle-même où elle nous conduit, si nous ne résistons pas. Elle l'ignore. Mais les conséquences peuvent être extrêmement graves pour l'anthropologie, pour l'humanité des années à venir. Et c'est cela qui aujourd'hui nous mobilise. »



 

2cde partie/3

 Tugdual Derville (interviewé par Louis Daufresne), extraits :

 « La France n'a pas à se limiter au « moins disant » éthique, c'est l'expression du Conseil d'État. Autrement dit : la France est le pays des droits de l'homme, c'est vrai. C'est un pays où il y a de vrais débats de société, contrairement à la Belgique ou à la Hollande. Nos amis belges et hollandais nous ont dit : « C'est incroyable, chez nous c'est passé comme une lettre à la poste, on n'a même pas pensé résister ! ». Et donc, moi je suis fier que dans notre pays tant de manifestants se soient levés et certains pour la première fois de leur vie, indépendamment des générations. Alors voilà : l'inéluctabilité qu'on nous impose c'est une figure de dialectique. Comme s'il y avait un sens de l'histoire. Moi, ce que je dirais plutôt, c'est que dans l'histoire de l'humanité on tâtonne d'abord, en matière d'éthique, on fait parfois n'importe quoi, et progressivement la conscience humaine vient au secours d'une science qui pouvait être sans conscience, et petit à petit, nous révisons nos comportements. Le sens de l'histoire pour moi c'est l'humanisation du regard de l'homme sur l'homme, c'est le respect croissant pour le plus petit, le plus faible. On voit que le bébé est considéré comme une personne désormais, et heureusement ; on voit que la lutte contre la maltraitance a fait d'énormes progrès ; que nous continuons d'inventer en matière de solidarité sociale, humaine, des façons de faire tout à fait nouvelles et inédites, très créatives et pleines, oui, j'ose le dire, d'amour. Sur ce sujet aussi [le projet de loi Taubira « Le mariage pour tous »], le tâtonnement c'est aujourd'hui, peut-être, mais demain, je l'espère, et c'est pour cela que nous travaillons, les générations futures seront préservées de l'effacement d'un repère très précieux, celui de l'engendrement que nous devons leur léguer. »

 

 

 

3ème partie/3

Tugdual Derville (interviewé par Louis Daufresne), extraits :

« Beaucoup de français ignorent encore que derrière ce slogan de « mariage pour tous » c'est l'adoption d'enfants que nous confierions (notre société) à deux hommes ou deux femmes, les privant par-là même d'un père ou d'une mère alors qu'ils ont été eux-mêmes endeuillés. »

« J'aime beaucoup discuter (avec les adversaires), j'ai beaucoup de respect pour les adversaires qui se mobilisent. Parce que je sais qu'ils y croient au plus profond. Il y a quelque chose de très profond dans leur revendication. Mais je vois aussi que cette revendication est à la fois irrépressible, d'un certain côté, et sans limites. « Il ne faut pas croire qu'on va s'arrêter là ! ». Plus on donne et plus le besoin de reconnaissance, au fond, risque de nous entraîner loin. Et vous l'entendez parfois dans certains groupes, qu'ils demandent beaucoup plus. Il y a le mariage religieux, bien sûr, et bien d'autres choses encore. Et ce « mariage » entre personnes de même sexe aboutit à des situations de parentalité multiples. Certains demandent déjà : « Pourquoi pas trois ? », comme au Brésil, « le mariage civil à trois ». Non pas que soient conscients de la transgression ceux qui la revendiquent, mais ils nous font entrer dans un système de « sans limites ». »




Édito de Gérard Leclerc

« Les médias, qu'on le veuille ou non, sont les vecteurs consentants d'une certaine culture qui nous a menés justement à ce projet de loi. »