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15.01.2016

Centralité de la personne humaine en politique : principes non-négociables ?

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Y a-t-il de la place pour la miséricorde en politique ?

         Un Jubilé de la Miséricorde… Cela s’applique-t-il aussi à la politique ? C’est la dernière question qui a été posée aux intervenants des Universités d’été de la Sainte Baume au mois d’août 2015. Une vraie question en réalité pour le chrétien dont l’engagement coïncide avec la diaconie de la politique ! En cela il répond aux nombreux appels de l’Église, comme ceux du Pape François, qui a fait de ce service non pas une option mais bien un impératif. Ce faisant, le chrétien prend rapidement conscience que les premiers à le critiquer seront précisément ceux-là même qui l’ont invité à donner de sa personne. Ils lui diront qu’il ne s’est pas engagé au bon endroit !  Ainsi, les premiers obstacles rencontrés par le chrétien novice en politique sont… les chrétiens eux-mêmes, pour qui ce monde est vraiment peuplé de gens aux convictions élastiques et à la sincérité douteuse. On a ainsi vite fait de lui démontrer l’intransigeance des uns et le laxisme des autres. Non, vraiment, impossible de les fréquenter, encore moins de travailler avec ces personnes-là !

         Et si le débat politique consiste seulement à discréditer son adversaire ou s’il se réduit à l’art de la petite phrase, on est évidemment rapidement déçu et tenté d’abandonner la place à d’autres, plus habiles à ce jeu-là.

Dialoguer plus que dénoncer

miséricorde, politique         Petit retour en arrière… Octobre 1962, ouverture du Concile Vatican II, saint Jean XXIII trace les grandes lignes de ses travaux : un concile plus pastoral que doctrinal, préoccupé de présenter la doctrine avec les mots capables de rejoindre l’homme contemporain et non de condamner les opinions erronées. L’Église « préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité. » Cette fois-ci, pas d’anathèmes ni d’excommunications, il ne s’agit pas de dresser l’inventaire des hérésies modernes, mais bien de mettre en valeur les pierres d’attente de l’Évangile présentes dans les différents courants de la culture contemporaine.

         L’intention première du Concile aurait-elle été oubliée, qui continue pourtant de constituer pour l’Église une boussole ? On n’a jamais entendu en effet autant de voix en France ces derniers temps pour dénoncer et pourfendre les options politiques des catholiques. Alors que la phrase du Pape François ne cesse d’être reprise en boucle, « qui suis-je pour juger ? », il semblerait que le domaine politique échappe encore à cette invitation. Il est plus aisé de recourir aux bons vieux Anathema sit  anté-conciliaires que de dialoguer et de permettre des échanges raisonnables. Permettez à ceux qui ont mérité cette excommunication en tentant d’organiser ce dialogue de faire quelques remarques.

Le chrétien, un divergent ?

ImageMiséricordeCarréeBlanc.jpg         Il n’est un secret pour personne que le catholique en politique est difficile à classer. On trouve des catholiques dans tous les partis français et si d’aventures on se risquait à prêcher l’ « union sacrée », on a vite fait de se voir rappeler que nous ne sommes plus au temps des croisades. Il suffit d’ailleurs qu’un parti revendique le qualificatif de chrétien pour que le catholique, qui reste français, retrouve ses ardeurs contestataires et rebelles. Les essais gallicans de démocratie chrétienne ont-ils d’ailleurs été suffisamment probants pour le lui reprocher ?

         Si la Doctrine Sociale de l’Église donne un certain nombre de principes et de critères de jugement, elle ne constitue pas en elle-même un programme politique et permet même à des options bien différentes de se réclamer d’elle. Ces principes d’humanité sont bien connus et souvent mentionnés à la veille de chaque échéance électorale. Découlant de la centralité de la personne humaine, si vous les appelez principes non-négociables, vous risquez déjà d’être catalogué.

         Quel parti peut prétendre aujourd’hui les défendre ou les bafouer tous ? La politique étant l’art du possible, l’engagement de chacun se fera en fonction de ceux auxquels il est le plus sensible, acceptant alors de côtoyer au sein d’un même parti des personnes aux convictions notablement différentes. Le principe de réalité fait que l’on est conduit à reconnaître que la politique n’est pas un absolu : salutaire prise de conscience pour éviter le risque de divinisation de ce qui doit rester de l’ordre du moyen. Cela étant posé, est-il possible de faire un pas de plus et d’affirmer sereinement que l’on rencontre des hommes de bonne volonté dans tous les camps ?

Dans le parti point de salut ?

ImageMiséricordeCarréeBleue.jpg         J’invite tous ceux qui dégainent déjà l’argument de la fausse naïveté à rentrer leur glaive et à essayer de me faire l’aumône de leur bienveillance. Je ne ferai pas la liste de toutes les positions clairement incompatibles avec l’Évangile : c’est à la fois facile et désespérant. La vérité impose de reconnaître qu’aucun parti n’est fréquentable pour un « bon chrétien », pas seulement un seul… Mais tous les socialistes sont-ils forcément idéologues, sectaires et laïcards ? Tous les Républicains sont-ils inévitablement hyper-libéraux, idolâtres de l’argent et francs-maçons ? Tous les écologistes sont-ils libertaires et révolutionnaires? Tous les membres du FN sont-ils racistes et antisémites? À l’évidence, non. Quant aux non-inscrits, sont-ils tous à mettre dans le sac des idéalistes au cœur pur ?

Il y a un curieux mélange actuellement chez les jeunes chrétiens, soucieux de cohérence entre leur foi et leur engagement politique, de défenseurs des racines chrétiennes de la France, d’écologistes intégraux anti-libéraux, de serviteurs passionnés des plus pauvres, de militants fervents pour La famille et la vie humaine, d’adversaires d’une laïcité agressive et de partisans d’une coexistence active, de missionnaires ardents et d’organisateurs de dialogues improbables… J’allais oublier ceux qui souhaitent réveiller la vieille fibre anarchiste et révolutionnaire ! On est loin des caricatures à l’emporte-pièce d’une certaine « radicalisation des catholiques ».

Miséricorde pour les politiques !

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         Est-ce que cette génération « Jean-Paul II », « Benoît XVI » ou « François » est plus utopique que les précédentes (remarquez que le Pape n’hésite pas à demander aux jeunes de « mettre le bazar ») ? Elle a au moins le mérite de prendre au sérieux l’Évangile, qui restera toujours un signe de contradiction. Aurons-nous l’honnêteté de les encourager dans leur désir de servir le bien commun sans pointer immédiatement du doigt les limites de cet exercice ? Saurons-nous respecter le sérieux de leur démarche sans les infantiliser par des accusations trop rapides ? S’il n’existe pas de « parti catholique », alors laissons ouvert le champ des possibles. N’allons pas immédiatement traiter de naïfs ceux qui rêvent d’un courant catholique social chez les socialistes ou les écolos, de supplétifs ceux qui militent chez les Républicains, d’intégristes ceux qui reprennent courageusement l’étiquette chrétienne et de fachos ceux qui croient à la possibilité d’un courant catho au FN…

         Année de la Miséricorde vous avez dit ? Ne retombons pas tout de suite dans les slogans trop faciles : pas de miséricorde pour les ennemis de la miséricorde… Et si l’on prenait cette année le risque de la miséricorde à propos de l’engagement politique ! Année 2016 : La Miséricorde Pour Tous ?

 

Logo ObservatoirSocioPolitiq.jpgLouis-Marie Guitton
Initialement publié dans l’OSP
sous le titre Miséricorde & politique
le 06/01/2016

 

 

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10.02.2015

Bien qu’ayant honte d’elle-même et de son histoire, la France continue de vouloir donner des leçons au monde entier

L e t t r e     à    m o n    f r è r e    m u s u l m a n

Croix-Croissant.jpgPardonne-moi Brahim : l’autre jour l’évêque, qui avait remarqué tes larmes, t’avait largement ouvert les bras et te serrait contre lui. Ces pleurs accueillis en silence valaient tous les mots que j’aurais pu trouver pour te consoler. Tu nous as dit ensuite que tes larmes ne venaient pas des attitudes hostiles aux musulmans en France, mais de cette haine banalisée contre les religions, contre ta religion, à travers ces caricatures obscènes de ce qui est le plus précieux à tes yeux, ton prophète.

Pardonne-moi parce qu’après cette folie meurtrière des attentats du mois de janvier, nous n’avons trouvé comme antidote que quelques slogans indigents, dont on constate déjà qu’ils n’étaient pas à la hauteur de la situation. Tu nous disais ton incompréhension face à ce rejet brutal de tes raisons de vivre par l’affirmation grossière d’un « devoir de blasphème ». Je me souviendrai longtemps de tes paroles sages affirmant que le fond du problème n’était pas la présence de Dieu, mais bien plutôt son absence de la société. La violence vient du fait que l’on a oublié Dieu, qu’on fait même tout pour le faire disparaître de l’horizon de l’homme. Charles de Foucauld Portrait photo.jpgPardonne-moi parce que nous avons certainement une responsabilité en cela. Toi, dont les ancêtres marocains impressionnèrent Charles de Foucauld explorateur par leur ferveur et leur sens du sacré, tu as été surpris en arrivant en France à l’âge de 16 ans : où donc était Dieu ?

Pardonne-moi, parce que nous catholiques sommes lents à reconnaître nos torts dans les malheurs d’aujourd’hui, nos « responsabilités dans les maux de notre temps », comme « l’indifférence religieuse qui conduit beaucoup d’hommes d’aujourd’hui à vivre comme si Dieu n’existait pas » et la perte du sens de la transcendance… Nous n’avons pas manifesté l’authentique visage de Dieu « en raison des défaillances de notre vie religieuse, morale et sociale ».

Pardonne-moi parce que ton profond respect pour la piété est blessé par cette hostilité qui n’est plus muette envers les croyants. Pardon pour toutes les fois où tu t’es senti heurté par l’agressivité de ces militants de l’impiété. Ils disent : pas de Dieu, mais pour toi –comme pour nous !- c’est une folie. Pardonne-moi parce que nous avons fait de cette maladie de l’intelligence une nouvelle religion : l’athéisme.

Pardonne-moi parce que cette laïcité dont on nous parle abondamment en des termes élogieux est une idée chrétienne devenue folle. Principe évangélique sage, il a été travesti et détourné d’une façon violemment anticléricale. Avec les années nous pensions qu’il était redevenu pacifique : voilà qu’il méprise à nouveau les croyants. Parce que le laïcisme est incapable de comprendre l’Islam, il montre son dédain envers toute la dimension religieuse de l’homme et professe sa commisération pour les chrétiens. Rassure-toi, la laïcité n’est pas ce que nous avons de plus sacré et la République n’est pas devenue notre religion commune. Jamais notre foi chrétienne ne s’est cantonnée à la sphère privée, jamais elle ne doit non plus porter atteinte à la légitime autonomie des réalités temporelles.

Pardonne-moi parce qu’on n’entend plus ces jours-ci que des appels à l’avènement d’un Islam modéré, républicain et laïc. Je suis confus que l’on puisse ainsi mépriser ta religion en s’adjugeant le pouvoir de déterminer quel est le bon ou le mauvais musulman. C’est une grande tradition jacobine française que de chercher à asservir la religion, à la museler. Mais n’est pas Napoléon qui veut… Même lui d’ailleurs, ayant échoué à éliminer l’Eglise, dût se résigner à composer avec le Pape.

Pardon, parce seuls vous pouvez nous dire et définir ce qu’est l’Islam. Comme tu le sais nous croyons en la Révélation de Dieu en Jésus-Christ. Le rapport difficile de l’Islam avec la violence n’est pas sans lien avec le statut du Coran et la place de la raison. Mais il ne nous appartient pas de l’interpréter à votre place. Nous ne pouvons que vous donner notre sentiment : il nous apparaît nécessaire et raisonnable de s’interroger sur Dieu au moyen de la raison. Pardon pour ces exégèses abusives de votre livre, pour qu’il soit absolument laïco-compatible. Nous dissertons sur le Coran, mais nous ignorons le nom de nos voisins musulmans.

Pardonne-moi Brahim, parce que cette France, obscène et arrogante, obsédée et méprisante, n’est pas la France. Pardonne-moi parce que, bien qu’ayant honte d’elle-même et de son histoire, elle continue de vouloir donner des leçons au monde entier.

Pardonne-moi parce que nous avons eu peur de vous parler. Nous n’avons pas osé vous dire que les chrétiens souffrent souvent en terre d’Islam et nous avons murmuré derrière votre dos. Nous avons préféré nous taire et nous plaindre, honteux de notre foi. Pardonne-moi parce que nous n’avons pas osé vous partager le meilleur de notre Évangile et les trésors de la Révélation, ne vous aimant pas assez pour cela. Oui, c’est cela, nous ne vous aimons pas assez, nous sommes des témoins peu crédibles de notre foi en Jésus-Christ.

Tu auras compris que, même si nous souffrons de ses contradictions, nous aimons notre pays, devenu aussi le tien. Même s’ils ne nous faisaient pas rire, nous pleurons les défunts journalistes des attentats, comme les autres victimes : nous prions pour eux et leurs familles. Même si nous ne partageons pas votre foi, nous vous estimons et voulons tisser des relations qui soient fraternelles.

Accepte notre demande de pardon et accueille notre désir de mieux te connaître et de te rencontrer. Veuille nous accorder la possibilité de bâtir avec toi la Civilisation de l’Amour.

PèreLM Guitton Portrait.jpgPère Louis-Marie Guitton
Publié dans l'Observatoire Socio-Politique du diocèse de Fréjus 

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07.05.2014

La honte face à notre nudité est justifiée lorsque cette nudité constitue une menace pour la dignité de la personne

Éloge de la pudeur

Louis-Marie Guitton, théorie du genre,

Tout récemment nous avons assisté à un véritable festival autour de la nudité, à l’occasion de la polémique causée par la diffusion du livre pour enfant « Tous à poil ». Scandale d’un côté, dérision de l’autre, escalade verbale et assaut de caricatures de plus ou moins bon goût. Rien de bien extraordinaire à se mettre sous la dent tellement les qualificatifs paraissent désormais usés fatigués et élimés : ridicule, rétrograde, archaïque, conservateur, réactionnaire, pudibond, puritain, hypocrite… et le fameux nauséabond ! Il faut dire que nous ne sommes pas habillés depuis très longtemps, puisque ce n’est que depuis Pâques que nous avons revêtu le Christ (Gal, 3).

Louis-Marie Guitton, théorie du genre, christianisme, dignité, conscienceAlors, « Tous à poil » ou « Revêtez le Christ » ? Une réflexion sur le vêtement ne peut se borner seulement à une pieuse méditation. Et pourtant, il est bien vrai que Dieu se préoccupe de nous habiller: après le péché originel, découvrant leur nudité, Adam et Eve se cachent. Avant de les chasser du paradis, Dieu se fait tailleur -le premier couturier !- et leur confectionne des tuniques de peau. Cette précision donnée par la Genèse n’est sûrement pas un détail. Depuis lors, le vêtement occupe dans notre vie une place importante. Voilant la chair, il reflète la personne et devient aussi un langage pour l’âme.

   Inoubliables méditations de saint Jean-Paul II sur la nudité, la honte, le langage du corps… Un trésor de réflexions longuement menées et finement ciselées au fil de 4 années de catéchèse hebdomadaire. Quelle délicatesse il faut pour aborder cette question de la pudeur. On parlait autrefois (?) « d’attentat à la pudeur » : il y a des choses que l’on ne fait pas en public. Mais aujourd’hui, on voudrait faire comme s’il existait encore des tabous, histoire de s’y attaquer et de les renverser. Alors, « Tous à poil » ! La nudité ne choque que celui qui a l’esprit mal tourné, répète-t-on à l’envie. L’enfant lui-même n’est pas étonné par le corps dénudé… Et voilà même qu’un professeur accomplit la « performance » de se déshabiller à l’Université pendant son cours.

    La pudeur a ceci de particulier qu’elle disparaît chez les saints, omnia munda mundis, et … les débauchés (Saint Thomas ajoute aussi les vieillards). Faut-il croire que la sainteté s’est démocratisée à ce point qu’elle tend à faire disparaître la pudeur ? La pudeur voile ce qui doit rester caché, dans la crainte d’être instrumentalisé. La honte face à notre nudité est justifiée lorsque cette nudité constitue une menace pour la dignité de la personne ; or la nudité qui fait de la femme un objet pour l’homme (et vice-versa) est source de honte. Jean-Paul II conclut : « Au commencement, la femme n’était pas un objet pour l’homme, ni lui pour elle ». Oui, la honte protège la dignité de la personne, elle manifeste un besoin profond d’acceptation et de reconnaissance de notre personne et, dans le même temps, une crainte que l’autre ne reconnaisse pas et n’affirme pas la vérité de ma personne, révélée par ma nudité. On se couvre alors.

   Il y a une bonne crainte qui désire non pas cacher, mais protéger ce qui est précieux ; et plus une chose a de la valeur, plus on est attentif à la préserver. La pudeur n’est peut-être pas une vertu, mais elle permet de jeter les premiers fondements de la tempérance, dit saint Ambroise. C’est l’attitude des médiocres, sans doute, ou plutôt de ceux qui ont « un certain amour du bien et qui ne sont pas totalement affranchis de l’empire du mal », … c’est-à-dire la plupart d’entre nous.

   Le vêtement ne fera jamais partie des stéréotypes à déconstruire : au contraire, il est un indice précieux sur la santé d’une société, de sa culture et de son histoire. Il y a une manière de se vêtir ou de se dévêtir qui est conforme à la dignité de la personne ou qui la dégrade. Et l’enfant est précisément celui qui a le plus besoin d’être protégé et éduqué dans ce domaine. « Malheur à celui qui scandalise un seul de ces petits ! » (Mt 18, 6) La nudité à tout prix n’est le signe ni d’un hypothétique retour aux origines ni d’une simplicité retrouvée. Elle ne constitue encore moins une réponse adaptée aux questions des enfants sur le corps. L’exhibition forcenée du corps dénudé provoque généralement l’effet contraire de celui escompté : il n’y a qu’un pas entre le nudisme intégral et le voile intégral.

   « La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres », disait Mallarmé. L’oubli de la pudeur ne conduit pas seulement à fausser le regard sur le corps, mais laisse le cœur désarmé contre ces blessures de l’affectivité qui ont tant de mal à cicatriser. La nudité n’est pas non plus un outil au service de la dernière croisade à la mode : contre les discriminations. Loin de rassurer sur les différences, la nudité ne facilite ni la communication ni le respect.

   Au fond, la pudeur est au service d’une plus grande liberté intérieure pour pouvoir aimer en vérité. Elle s’éduque, s’entretient et, bien cultivée, elle se conjugue avec élégance et beauté : pudeur et fascination cohabitent volontiers. Faut-il rappeler que mode vient d’un mot qui signifie d’abord équilibre et mesure ? Alors, n’oubliez pas d’aller vous rhabiller !

Père Louis-Marie Guitton

in Observatoire Socio-Politique
du diocèse de Fréjus-Toulon
7 mai 2014
Louis-Marie Guitton, théorie du genre, christianisme, dignité, conscience