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28.04.2014

Des enfants endoctrinés par des théories féministes ne seront en rien demain des personnes libres, mais des esclaves…

JP Delaume_Myard.jpg« Cher(e)s ami(e)s, depuis le début de mon engagement, je n’ai eu de cesse de répéter que je suis homosexuel et pas gay. Si je précise de nouveau cela, à l’occasion du bilan de notre grenelle de la Famille, c’est que cette distinction n’est en rien une subtilité linguistique de ma part. Elle revêt une réalité qui est la cause de ce qui s’est passé hier aux États-Unis, ce qui se passe aujourd’hui en France, et ce qui se passera demain dans toute l’Europe, contre la Famille. Le lobby gay est déterminé à détruire, et peut importe les moyens, les institutions du mariage et de la famille ; aidée en cela par certains lobby féministes, comme les femen, mais pas seulement.

Après la loi Taubira pour le mariage entre personnes de même sexe voici que maintenant risque d’arriver les conséquences directes de celle-ci, la PMA et la GPA.

Le désir d'enfant, et je le sais, est une réalité sincère et douloureuse, mais nous homosexuels, nous n’avons pas à demander, pour autant, à la société de bricoler quelque chose pour transformer cette réalité-là 

Mais revenons un instant sur un des multiples mensonges de la loi Taubira. Je veux parler de l’adoption.

Les couples hétérosexuels ont déjà bien du mal à pouvoir adopter un enfant. Il existe très peu de pupilles de la Nation qui le soient. Ces couples doivent alors se diriger la plupart du temps vers des pays d’Afrique ou d’Amérique Latine.

Il est peut-être utile de rappeler que dans ces pays, leur convention rejette toute adoption par des parents de même sexe. Et aujourd’hui, certains d’entre eux ferment même leur frontière pour les couples hétérosexuels.

L’enfant n’a pas à être traité comme un cobaye. Il n’a pas à s'adapter à une dictature « Homo-parentale ».

Le gouvernement, à force de vouloir faire des lois et des concessions pour le lobby gay, fait de l’apartheid non seulement vis-à-vis des autres citoyens, mais plus encore vis-à-vis des homosexuels eux-mêmes. Et je dis bien de l’apartheid, c’est-à-dire une politique ultra-minoritaire et communautariste à l’encontre d’une majorité de Français.

Pour faire croire qu’un homme avec un homme ou une femme avec une femme pouvait avoir un enfant, on nous impose l’idéologie du genre. On nous dit mensonge lorsqu’on l’évoque.

Nous avons beau brandir « Papa porte une robe », « Tango a deux papas » ou bien encore « Jean a deux mamans », on nous dit que nous sommes d’affreux réactionnaires.

N’ayons pas peur de dire haut et fort que des enfants endoctrinés par des théories féministes ne seront en rien demain des personnes libres, mais des esclaves bien plus que le machisme qu’elles sont censées combattre.

Une Nation construite ainsi ne pourra adhérer qu’aux idées les plus ridicules et les plus aberrantes et cela avec la même servilité.

J’aimerais faire une comparaison hasardeuse, mais en réalité je ne le pense pas.

Le 4 décembre 2013, la majorité a adopté une loi pénalisant les clients de prostitués.

Si la GPA passe au détour de la PMA, est-ce que le fait de se servir du corps d’une femme contre rémunération ne sera-t-il pas considéré comme un acte du coup répréhensible par la loi ?

Ce n’est pas seulement moi qui m’interroge ainsi, mais la ministre des droits de la femme elle-même quand elle a dit devant l’Assemblée nationale, je cite :

JP Delaume-Myard 2.jpg« La détresse de l’un ne se soigne pas par l’exploitation de la détresse de l’autre. Elle n’est jamais une justification… Depuis quand notre pays admettrait-il que la liberté aille au-delà de ce qui ne nuit pas à autrui ? Depuis quand privilégierions une souffrance par rapport à une autre ? Depuis quand le corps humain devrait-il être assimilé à un médicament ? Depuis quand se soignerait-on aux dépens d’une autre personne. »

Pour une fois, vous avez raison Madame la Ministre.

Enfin, pour conclure, je voudrais dire comme je l’avais déjà dit, il y a un an à la même date à Tours, il est quand même incroyable qu’en ce 8 mars, journée de la Femme, que cela soit un homme qui plus est homosexuel qui défende l’intégrité de la Femme.

Lorsque je vois que ce sont des femmes elles-mêmes qui veulent exploiter la misère d’autres femmes, je me dis dans quel monde vit-on ? Femmes réveillez-vous ! Indignez-vous comme aurait dit Stéphane Heissel. »

 

Jean-Pier Delaume-Myard
Porte-Parole de La Manif Pour Tous

Grenelle de la Famille
8 mars 2014
Mutualité de Paris

 

 

 

 

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Comment une Secrétaire d’État m’a demandé de me taire 

Par Jean-Pier Delaume-Myard, porte-parole national de La Manif Pour Tous, auteur de "HOMOSEXUEL contre le mariage pour tous"

 

Le 28 avril 2014, la Secrétaire d’État à la Famille et aux Personnes âgées, Laurence Rossignol, a reçu une délégation de La Manif Pour Tous, dans le cadre de ses rencontres avec des associations familiales ou des mouvements citoyens. Une rencontre que nous avions réclamée de longue date et que la Ministre en charge de ce dossier du précédent gouvernement avait toujours refusé.


Comme le 25 janvier 2013, lors de l’entrevue avec Monsieur le Président de la République, je faisais partie de la délégation, mais j’ai été reçu, cette fois-ci, beaucoup moins courtoisement, la Secrétaire d’État m’a demandé purement et simplement de me taire.

La délégation autour de Ludovine de la Rochère, Présidente, était composée de quatre personnes, Jérôme Brunet, Porte-parole de L’Appel des professionnels de l’enfance et de La Manif Pour Tous, Albéric Dumont, Coordinateur général de La Manif Pour Tous, Anne-Claude Venot, porte-parole des Adoptés pour l’enfance, mouvement du collectif de La Manif Pour Tous et de moi-même.

Avant la conclusion de Ludovine de la Rochère, je fus le dernier à prendre la parole.

J’eus à peine le temps de commencer de donner mon point de vue : « Je représente de nombreux homosexuels - hommes et femmes, qui sont contre la loi qui a ouvert le mariage entre personnes de même sexe. En leurs noms, je vous remercie de me recevoir car nous avons eu, jusqu’ici, l’impression que l’on nous volait notre voix. 

Madame la Ministre vous avez appelé à l’apaisement. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Cependant, dès le mois de mai, débuteront dans toute la France, les gay pride 2014. Et je m’en inquiète fortement en tant que porte-parole de La Manif Pour Tous, mais aussi en tant qu’homosexuel.

Je m’en inquiète en tant que porte-parole de la Manif Pour Tous car je ne voudrai pas que vous écoutiez les sirènes de la LGBT qui vont, réclamer, à cors et à cris, à cette occasion, l’obtention de la PMA et ses dérives directes, la GPA. »

Paradoxalement, alors que je l’avais remercié, quelques instants plus tôt, de nous donner (nous homosexuels) la parole que la Secrétaire d’État me demandait si « je souhaitais vraiment poursuivre ». 

Pour Madame Rossignol, il n’était pas question de revenir sur la loi Taubira. En outre, elle-même, ainsi que le Premier Ministre et Madame Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé, avaient été très claires, « il n’y aura pas de PMA sous cette mandature et pas plus d’amendement » de qui que se soit ; pas plus de madame Esther Benbassa, Sénatrice EELV, qui pour la Secrétaire d’État lorsqu’on lui a fait part de notre inquiétude quant à son souhait de déposer un article, nous a affirmé qu’ « elle était seule à avoir cette position ».

Lorsque je retentai de prendre la parole pour indiquer que « des associations gays comme l'Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens » souhaitaient la « voir reprendre l'accès à la PMA à toutes les femmes, en couples ou célibataire, le statut du beau-parent, la reconnaissance de la pluriparentalité, et la reconnaissance des états civils étrangers des enfants nés par GPA. » 

Que je poursuivis, en rappelant que « la circulaire Taubira » inquiétait « également La Manif Pour Tous. Cette circulaire signifie la régularisation, en France, d'enfants qui seraient nés, entre guillemets, illégalement. Mais, Madame la Ministre comme vous le savez tout enfant-né, par exemple, sur le sol américain est américain. Cette circulaire introduit en réalité un premier pas vers la légalisation de la GPA et la mercantilisation de l'enfant ce qui est pour nous totalement insupportable. »

La Secrétaire d’État a affirmée, alors que cette circulaire fait actuellement l’objet, depuis plusieurs mois, d’un recours devant le Conseil d’État, qu’elle « faisait partie à part entière de la Loi Taubira ».

Puis, elle ignora la suite de mes propos souhaitant aborder les futures propositions de la Loi Famille dont la première devrait passer dès le mois de mai en commission des lois.

Alors que la Secrétaire d’État demande l'apaisement avec les associations contre le mariage homosexuel, elle commence fort mal, du moins avec un des représentants homosexuels.

On verra bien, si Madame Rossignol demandera à la LGBT de se taire sur la PMA, on verra bien si Madame Rossignol demandera à Madame Esther Benbassa, Sénatrice EELV, de se taire au Sénat.

Si le gouvernement ne veut plus attendre parler de la Loi Taubira et de la PMA, pourquoi alors ne demande-t-il pas au Comité Consultatif National d’Éthique de se dessaisir de la demande du Président de la République de donner un avis sur la PMA ? Pourquoi ne demande-t-il pas à Madame Taubira de retirer sa circulaire qui introduit une suspicion quant à la GPA ?

Enfin, si la Secrétaire d’État ne souhaite plus que soit abordé la question de la PMA, condition très clairement sine qua non pour être de nouveau reçu, pourquoi laisser alors l’adoption dans la loi ouvrant le mariage pour personnes de même sexe, puisque tout le monde sait que l’adoption pour des couples homosexuels est pratiquement impossible, la majorité des conventions des pays autorisant l’adoption l’interdisant pour les homosexuels… il faudra, donc, bien qu’un jour ou l’autre, face à la pression des associations gays ce gouvernement traite de nouveau la question de la PMA.

Pour l’heure, circulez il n’y a rien à voir. Taisez-vous, Jean-Pier… Delaume-Myard.

 

22.04.2014

La construction de cet édifice demandé par Dieu à la France a été décidée par un vote de l'ASSEMBLÉE NATIONALE

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

Inscription sur un pilier de la Basilique :

Paray-le-Monial 1689

Extrait de la lettre CIV de sainte Marguerite-Marie Alacoque :

Marguerite-Marie Alacoque Clignancourt.jpg

 

« Le Père Éternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l'Adorable Cœur de son divin fils a ressenties parmi les humiliations et outrages de sa Passion veut un édifice où serait le tableau de ce divin Cœur pour y recevoir consécration et hommages. »

 

 La construction de cet édifice demandé par Dieu à la France a été décidée par un vote de l'ASSEMBLÉE NATIONALE

le 23 juillet 1873
à la majorité de 244 voix.

 

Vitrail de Lorin, années 30
Notre-Dame-de-Clignancourt

UNE ADORATION DE LA SAINTE EUCHARISTIE

 Dieu qui simplifie tout

simplifie-moi

Eucharistie

Offrande sainte de Dieu

Par laquelle je touche à Ta Présence

Rends-moi pure

Simplifie-moi

Hostie sainte sertie dans l’Ostensoir du Saint-Sacrement

Tu es l’Essence de ma foi

Sa fin et son commencement

Ô disque pur

Cœur de Dieu

Plexus solaire d’où rayonne l’Amour divin

Lumière-source de toute Miséricorde

Durée éternellement présente fixée à la Blancheur

Où le spectre entier des couleurs est résumé

Touché de Dieu inaltérable

Qu’aucune prière n’usera jamais

Cercle chéri de l’abnégation

Comblé de Toi qui demeure partout

Et que rien ne peut contenir

Ô Christ

Ta Passion est donnée en ce disque parfait

Le Sang et l’Eau de Ton Côté

Nourrissent sans cesse

Ton Corps saint

Corps du Christ pure offrande

Qui ne tarit jamais

Abreuve-moi

Laisse se répandre en moi l’eau éternelle du Baptême

Que chacun de mes membres et toute cellule

Vivent de Toi

Que mes organes et toute âme

Soient drainés de Toi

Que ma peau et tout muscle

Respirent en Toi

Par Toi et pour Toi

Que mon être entier exulte

Et s’accomplisse en Toi

Ô

Lettre parfaite

Imprononçable à mon cœur de femme

Ô

Toi que j’aime pourtant

Et aspire à aimer de toute mon âme

Ô Jésus

Dieu qui te fis lumière et chair

Verbe venu au secours de mon imperfection

Hostie sainte sertie dans l’Ostensoir du Saint-Sacrement

Sacré-Cœur de Jésus résumé en Cela

Tu m’attires à Ta Résurrection

Vers laquelle je tends tout mon être éploré

Laisse-moi toucher la frange du Salut

Laisse-moi goûter à la beauté de Ton Visage

Jésus !

 Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
sa. 12 avril 2014, veille des Rameaux
Sandrine T.

                                              

Retrouvez ce fragment sur la page enrichie de La Vaillante : La France et le Sacré Cœur

13.04.2014

La technique : instrument au service de l'homme et non instrumentalisation de l'humain

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Vidéogramme de "Enciellement Édith Etty"
de l'artiste vidéographe Sandrine Treuillard

 

Dans son article intitulé « technophilie et technophobie : quelle critique possible ? » [1], Marc Grassin présente la critique de la modernité par le philosophe allemand Peter Sloterdijk à travers la tension qui apparaît entre l’« appropriation de soi pour faire et décider du lien » (ce que l’homme réalise aujourd’hui par la technique), et la « dé-liaison avec tout ce qui ne correspondrait pas avec l’exigence imposée par le besoin d'une généralisation et d'une extension de ce rapport fabriquant à tous les niveaux de l’homme » (p. 84). Ou comment la conception « post-moderne » de l’individu ingénieur de lui-même rencontre les apories de l’universalisme technicien qu’elle suppose.

Sphère Enciellement.jpgL’auteur développe alors comment « le rêve d'une technique anthropocentrique et humaniste, au service de l'homme en général et de tous les hommes en particulier, s'évanouit à mesure que la subjectivité libérale contemporaine se comprend de plus en plus comme unique finalité de l'existence et de l'activité » (p. 83). Qualifiant ce « repli sur soi » comme « le renversement le plus décisif de la modernité contemporaine » (p. 83), il en appellera à vivre autrement le projet de la modernité : il s’agit de revenir sur « l’éclipse de la parole » (p. 88) refoulée par la puissance d’imposition de la technique ; seule la parole pourra « ouvr[ir] la voie et la voix à une autre forme d’être actif dans le monde » (p. 89), laquelle ne doit pas être laissée à la seule technique.

Si nous souscrivons volontiers à l’intention d’ensemble, nous voudrions attirer l’attention ici sur les présupposés philosophiques et même religieux qui sous-tendent la réflexion globale de cet article, et qui, nous semble-t-il, sont en contradiction avec cette intention. Dans la perspective de cette réflexion, en effet, le projet de la modernité exprime le propre de l’homme ; son seul tort est d’avoir été captée par la subjectivité libérale qui la fait verser dans la seule recherche d’intensification de soi et de puissance. Mais, pour notre part, nous dirions que la subjectivité libérale est celle qui exprime le plus sûrement le projet de la modernité. Il n’y a pas là renversement mais aboutissement et intensification du même projet.

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L’homme descend-t-il de la technique ?

Les présupposés de l’article le montrent, où la technique est conçue comme « l'organe d'une reconfiguration de la nature en tant que telle et de la condition humaine » (p. 75), entendant par là qu’elle n’est pas moins que la condition même d’être homme. Voilà « la dimension anthropologiquement constitutive de la technique » [2] : la technique constitue l’homme ; l’homme se constitue lui-même par la technique. Dans cette perspective, « l’aventure humaine naît du geste technique. […] L'homme naît véritablement par ce fait qu'il est possible, outils en main et technologie au cœur, de transformer la réalité, de "forer des trous dans la cage de l’environnement". Cette transformation, loin d'être une simple mise sous la main, possession ou arraisonnement, porte le nom de liberté. L'environnement dans lequel il s'agit de s'inscrire devient un monde parce qu'il est possible de décider de sa forme et aussi de son fond. […] Être au monde ou être de ce monde humain, c'est configurer et reconfigurer la réalité. » (p. 79-80). Il nous semble qu’on ne saurait mieux décrire « l’âme » (ou plutôt son effacement) de la « post-modernité ». Et l’article de citer Peter Sloterdijk, pour qui l’homme ne descend ni du singe ni du signe mais de la technique : c’est elle qui le fait passer du « pré-homme » à l’« homme ».

La technique serait ainsi notre origine. Elle serait aussi notre avenir. Car « il n'est pas exagéré de dire qu'avec la technique, c'est la liberté qui croît et c'est l'homme qui grandit et devient. […] Techniciser le monde, c'est jouer le chemin d'une liberté. » (p. 80). En fait, la technique se voit tout le long de cet article définie à partir de la liberté, et la liberté à partir de la technique, dans une impeccable circularité. C’est la technique qui nous rendra libres… Libres de quoi ? Libres de techniciser toujours plus, libres de (nous) fabriquer, libres de (nous) produire [3]. Non seulement la liberté n’est comprise que d’après la technique, mais encore la définition qui lui est donnée fait abstraction complète du règne de fer, de nécessités et de déterminations qu’elle a imposé à l’homme en échange des déterminations du passé. Tout cela se voit renvoyé aux torts de la seule subjectivité libérale. La technique, elle, n’est que liberté.

C’est même cette liberté que l’homme n’arriverait pas à « assumer » aujourd’hui. Le coquin. C’est pourtant sa nature, sa vocation, d’être technicien, et technicien de lui-même ! Mais non, il faut qu’il angoisse de cette trop grande « liberté » : « c'est sans doute cela qui génère l'inquiétude contemporaine. L'homme qui jouit de son pouvoir technique rencontre l'angoissante situation d'avoir tout à décider, même sa nature, d'avoir à assumer sa liberté jusqu'au bout de lui-même. Plus de terre de repos où il n'y aurait qu'à être. Être s'inscrit dans une existence qui assume l'obligation pratique d'avoir à décider du monde et de soi. C'est cela qui, aujourd'hui, apparaît au grand jour, mais qui, en réalité, est inscrit dès le premier geste technique, dès le premier geste humain. Les biotechnologies du vivant ne font à cet égard qu'achever la révélation de cette vérité "humaine" de l'homme […] » (p. 80) – biotechniques auxquelles il conviendrait d’ajouter toutes les « techniques de soi », de l’éthique de Foucault aux fantasmes dugender… Il nous paraît quant à nous beaucoup plus simple de supposer que c’est au contraire et précisément à force de « configurer et reconfigurer la réalité » que l’homme de ce temps n’a tout simplement plus nulle part ou « être au monde » [4].

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Sacralisation de la technique et désacralisation de la nature

Depuis cette « vérité révélée" » (pas moins !), les formules de foi s’enchaînent alors : « tout cela quoi que nous puissions en penser, dit cette condition humaine enfin mise à jour. La nature a défié le pouvoir de l'homme. En relevant ce défi, l'homme a fait de ce pouvoir sa marque de fabrique. […] Dire cela ne revient pas à dire pour autant que toute technologisation soit souhaitable, mais seulement que le souhaitable prendra corps, s'inscrira et s'ouvrira sur fond de cette naturelle et humaine transformation "fabricante" et "maîtrisante" du tout de l'homme » (p. 81). Pas moins, là encore. On se demande juste à quoi peut bien faire référence le « souhaitable » dans cette perspective résolument « post-moderne » i.e. « ultra-moderne », où la nature de l’homme est précisément de la défaire et de la refaire à volonté : « avec la technique, c'est toute l'anthropologie qui bascule dans un monde fait d'une liberté ouverte à l'indéterminé de ce que nous déciderons de produire » (p. 81). 

Et avec cela « la représentation même de la nature […] cessant d'être appréhendable comme une réalité permanente, éternelle et sacrée [se voit] désacralisé[e] » (p. 80). L’évocation de la désacralisation de la nature achève ici de rendre compte de la sacralisation dont la technique a fait l’objet. Ainsi que l’auteur deLa technique où l’enjeu du siècle l’avait exprimé il y a déjà longtemps, « c’est le facteur de désacralisation qui devient en même temps le centre du nouveau sacré. La puissance qui a provoqué la transgression de l’ancien ordre ne peut être elle-même que sacrée : elle entre dans le monde sacral, et se trouve investie d’une évidence d’autant plus aveuglante qu’elle a précisément triomphé de l’évidence première  [5].» La certitude de la fabrication de l’homme par lui-même par la technique, et la promesse de la technique de nous rendre de plus en plus libres ne signifient qu’une chose : « la technique est sacrée parce qu'elle est l'expression commune de la puissance de l'homme et que, sans elle, il se retrouverait pauvre, seul et nu, sans fard, cessant d'être le héros, le génie, l'archange qu'un moteur lui permet d'être à assez bon compte. En définitive la technique est pour l'homme actuel ce qui assure son avenir […] [6]. »

Son avenir, et son origine, nous l’avons vu. Ellul écrivait alors en 1973 le sous-texte de l’article de 2011 ici critiqué : « En contrepartie de cette certitude, cet homme se donne pour origine d'avoir toujours été Homo faber. Cette réversion de la technique vers le passé, cette proclamation que l'homme n'a été homme qu'à partir du moment où il était faber, c'est-à-dire technicien, est probablement une des marques les plus sûres de ce sacré : car c'est toujours dans son sacré qu'il établit son origine. Dans un monde peuplé de dieux, l'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux. Mais dans un monde peuplé de machines, il n'a comme origine que le point de départ de la technique. Sa façon de représenter son point de départ, sa première caractéristique exclusive dénote immédiatement où est son sacré. Et à partir de là, il reconstitue son histoire en fonction de la technique. Là encore, la façon de raconter l'histoire est indicative du sacré. Et maintenant, ce n'est plus l'histoire des grands héros, des guerres, des charismes et des dieux, c'est l'histoire édifiée peu à peu dans le progrès des techniques : il ne pouvait pas s'y tromper, ce n'est pas là une histoire séculière, c'est une autre histoire sacrée [7]. »

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Humiliation de la parole

Dès lors, quelle critique possible de la technique ? demandait Marc Grassin. Faire place de nouveau à la parole et au symbolique, hérités de notre passé mais refoulés par l’automatisme de la technique, répond-il. Nous sommes bien d’accord. Sauf que, à notre idée, on en reste là à un vœu pieu et contradictoire en maintenant la technique dans le domaine à partir duquel elle a justement humilié la parole et nié toute symbolisation. L’on espère toujours pouvoir servir deux maîtres. Comment la technique pourrait-elle faire l’objet d’une critique qui la reçoit comme sacrée ?

La technique étant sacrée, la technique étant « l’âme » de la modernité, la critique qui porte est obligatoirement profanatoire. Elle se reconnaît à ce qu’elle attire sur elle la condamnation des prêtres de notre temps, la vindicte populaire, et le lynchage médiatique - à l’image de ce qu’ont provoqué les paroles limpides de Benoît XVI il y a 3 ans sur « le sida et le préservatif » : là non plus, on ne pouvait pas s’y tromper : c’était un sacrilège.

Aussi, à notre avis, la seule vérité que le progrès des techniques révèle, et en particulier le progrès évoqué des biotechniques [7], c’est qu’il « impos[e] de choisir entre deux types de rationalités, celle de la raison ouverte à la transcendance et celle d’une raison close dans l’immanence technologique. On se trouve devant un "ou bien, ou bien" (aut, aut) décisif [8]. »  C’est, concrètement, le travail patient et obstiné, à temps et (en l’occurrence surtout) à contre-temps, des disciples du Christ qui témoignent que la technique n’est ni l’origine ni l’avenir de l’homme, et moins encore ce qui rend libre. Elle est seulement, ou devrait être, un instrument de sa liberté (véritable) et c’est uniquement en tant qu’instrument qu’elle pourra être liée au développement humain : instrument et non instrumentalisation (de l’autre ou de soi), instrument subordonné au « sens pleinement humain du "faire" de l’homme, sur l’horizon de sens de la personne prise dans la globalité de son être [9]. » 

Une ambition immense et « déraisonnable », une folie pour la sagesse de ce monde - la parfaite mesure, donc, de l’Espérance.

 

JÉRÔME SAINTON
publié le 11 mai 2012
in Liberté Politique

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[1] Marc Grassin, enseignant à la faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris ; article paru dans la Revue d’éthique et de théologie morale, CerfParis, n°265, sept. 2011, p. 75-89. 

[2] p. 77. Dimension qu’il ne faudrait pas refuser, à l’image des « technophiles et technophobes, radicaux ou modérés [qui] se donnent la main sans en avoir l’air, pour éviter d'assumer jusqu'au bout l'incidence de [cette dimension], c'est-à-dire l'obligation de penser et de vivre le mouvement d'un homme "innové" par cette part active de lui-même (la technique). » (ibid.)

[3] C.-à.-d.. le fantasme ultime de l’homme « "post-moderne »", celui qui se constitue lui-même. Cf.l’ouvrage magistral d’Olivier Rey, Une folle solitude : le fantasme de l’homme auto-construit.

[4] Comme certains l’ont bien montré, la « "subjectivité libérale »" est parfaitement liée à l’objectivation croissante imposée par la science-technique, le subjectivisme venant en réaction compensatoire à la disparition du sens et à la dissolution du sujet dans la science et la technique, avec pour corollaire que la science-technique est en retour le seul ordre extérieur opposable à l’individualisme : « les deux vont de pair. L’individualisme a trouvé en la science un puissant allié — pour déconstruire les institutions et les ordres anciens, pour affranchir l’homme des héritages et des autorités traditionnelles. Et, chemin faisant, la science est devenue le seul contrepoids possible à l’individualisme. L’équilibre ne se fait pas par conciliation, irréalisable, mais par un va-et-vient entre les deux positions extrêmes. […] Plus l’individualisme croît, plus on a besoin de science : face aux vérités particulières, dont plus rien n’assure la concordance, la science est le seul ordre admissible. » (Olivier Rey, Itinéraire de l’égarement : le rôle de la science dans l’absurdité contemporaine, p. 144-145). Cf. aussi Bernard Charbonneau, le système et le chaos, et Jacques Ellul, le système technicien.

[5] Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, p. 107. Un exemple parmi tant d’autres mais tellement parlant : ces déclarations du rapporteur de la mission parlementaire lors de la dernière modification des lois de bioéthique, Jean Léonetti, pour autoriser le sacrifice de l’embryon de l’homme à la recherche : « Il faut faire la distinction entre l’éthique sociétale, qui implique de la prudence, et l’éthique scientifique, qui doit privilégier la témérité » (Le Journal du Dimanche, 07/11/2010). Tout est dit du caractère sacré de la technoscience, ce temple de la modernité : à l’intérieur du temple, les prêtres-techniciens ne participent pas de la société usuelle : il s’agit bien d’une sacralisation, c’est-à-dire d’une séparation entre un domaine sacré et un domaine profane — qui n’ont pas les mêmes devoirs.

[6] Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, p. 118. La technique est sacrée aussi dès lors que passent par elle le faire vivre et le faire mourir. Il n’y a qu’à considérer sa puissance de légitimation : dans l’avortement, dans l’euthanasie prénatale, dans les procréations artificielles ; des choses qui seraient pour la majorité inconcevables par elles-mêmes iront de soi dès lors que "strictement encadrées", "médicalisées" bref, dès lors que médiatisées par la technique … Disons ici un mot de l’euthanasie, puisque elle fait l’actualité. N’est-elle pas archétypique de la dimension sacrale de la technique ? Le geste en question est à la portée de quiconque, alors pourquoi un médecin ? N’est-ce pas là qu’il faut que cela passe par le corps médical, c’est-à-dire tout l’apparat religieux de la technique ? Il faut que cette "interruption volontaire de vie" reçoive la bénédiction d’un prêtre-technicien, il faut qu’elle soit le dernier sacrement conféré par la technique. L’euthanasie arrivera ainsi à boucler les nécessités intrinsèques du "système technicien", éliminant les individus qui n’ont plus rien à "faire" ; tout en étant réclamée "librement" par eux, la "liberté" en question les ayant précipités dans le néant, indétermination ultime offerte par la « reconfiguration de la réalité ».

[7]Ibid.

[8] Ce « domaine particulièrement délicat et décisif, où émerge avec une force dramatique la question fondamentale de savoir si l’homme s’est produit lui-même ou s’il dépend de Dieu » (Benoit XVI, L’amour dans la Vérité, n. 74).

[9] Benoit XVI, L’amour dans la Vérité, n. 74.

[10] Benoit XVI, L’amour dans la Vérité, n. 70.

02.04.2014

Devenir un peuple demande un processus constant dans lequel chaque nouvelle génération se trouve engagée

Blason Pape François.jpgEn chaque nation, les habitants développent la dimension sociale de leurs vies, en se constituant citoyens responsables au sein d’un peuple, et non comme une masse asservie par les forces dominantes. Souvenons-nous qu’ « être citoyen fidèle est une vertu, et la participation à la vie politique une obligation morale »[i]. Mais devenir un peuple est cependant quelque chose de plus, et demande un processus constant dans lequel chaque nouvelle génération se trouve engagée. C’est un travail lent et ardu qui exige de se laisser intégrer, et d’apprendre à le faire au point de développer une culture de la rencontre dans une harmonie multiforme.

         

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Pour avancer dans cette construction d’un peuple en paix, juste et fraternel, il y a quatre principes reliés à des tensions bipolaires propres à toute réalité sociale. Ils viennent des grands postulats de la Doctrine Sociale de l’Église, lesquels constituent «  le paramètre de référence premier et fondamental pour l’interprétation et l’évaluation des phénomènes sociaux »[ii]. À la lumière de ceux-ci,  je désire proposer maintenant ces quatre principes[iii] qui orientent spécifiquement le développement de la cohabitation sociale et la construction d’un peuple où les différences s’harmonisent dans un projet commun. Je le fais avec la conviction que leur application peut être un authentique chemin vers la paix dans chaque nation et dans le monde entier.

 

Le temps est supérieur à l’espace

          

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Il y a une tension bipolaire entre la plénitude et la limite. La plénitude provoque la volonté de tout posséder, et la limite est le mur qui se met devant nous. Le "temps", considéré au sens large, fait référence à la plénitude comme expression de l’horizon qui s’ouvre devant nous, et le moment est une expression de la limite qui se vit dans un espace délimité. Les citoyens vivent en tension entre la conjoncture du moment et la lumière du temps, d’un horizon plus grand, de l’utopie qui nous ouvre sur l’avenir comme cause finale qui attire. De là surgit un premier principe pour avancer dans la construction d’un peuple : le temps est supérieur à l’espace.

         

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Ce principe permet de travailler à long terme sans être obsédé par les résultats immédiats. Il aide à supporter avec patience les situations difficiles et adverses, ou les changements des plans qu’impose le dynamisme de la réalité. Il est une invitation à assumer la tension entre plénitude et limite, en accordant la priorité au temps. Un des péchés qui parfois se rencontre dans l’activité socio-politique consiste à privilégier les espaces plutôt que les temps des processus. Donner la priorité à l’espace conduit à devenir fou pour tout résoudre dans le moment présent, pour tenter de prendre possession de tous les espaces de pouvoir et d’auto-affirmation. C’est cristalliser les processus et prétendre les détenir. Donner la priorité au temps c’est s’occuper d’initier des processus plutôt que de posséder des espaces. Le temps ordonne les espaces, les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne en constante croissance, sans chemin de retour. Il s’agit de privilégier les actions qui génèrent les dynamismes nouveaux dans la société et impliquent d’autres personnes et groupes qui les développent, jusqu’à ce qu’ils fructifient en événements historiques importants. Sans inquiétude, mais avec des convictions claires et de la ténacité.

  

Articles 220 à 223

de l’Exhortation apostolique

du Saint-Père François

La joie de l’Évangile

EVANGELII GAUDIUM

 

 


[i] CONFERENCE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DES ÉTATS-UNIS, Lettre pastorale Forming Consciences for Faithful Citizenship (2007), 13.

[ii] CONSEIL PONTIFICAL JUSTICE ET PAIXCompendium de la Doctrine Sociale de l’Église, n. 161.

[iii] Ici, deux de ces principes seulement sont repris.