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18.09.2014

Des femmes « vaillantes », à toutes les époques…

foi,ludovine de la rochère,la vaillante,politique,christianisme,égalité,théorie du genre(La Vaillante dédie cet article à Ludovine de la Rochère, rencontrée le 17 septembre 2014 à Saint-Mandé, à l’issue de la conférence-débat qu’elle donna avec Esther Pivet, intitulé « Gender à l’école : mythe ou réalité ».)

 

LE DON DE L’ÉPOUSE 

         Le Concile Vatican II a renouvelé dans l’Église la conscience de l’universalité du sacerdoce. Dans la Nouvelle Alliance, il n’y a qu’un seul sacrifice et un seul prêtre, le Christ. Tous les baptisés, les hommes comme les femmes, participent à ce sacerdoce unique, car ils doivent « s’offrir en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu (cf. Rm 12, 1), porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et rendre raison, sur toute requête, de l’espérance qui est en eux d’une vie éternelle (cf. 1 P 3, 15) ».[i] La participation universelle au service du Christ, par lequel le Rédempteur a offert au Père le monde entier et en particulier l’humanité, fait de tous les membres de l’Église « un royaume de prêtres » (Ap 5, 10 ; 1 P 2, 9), c’est-à-dire qu’ils participent non seulement à la mission sacerdotale, mais encore à la mission prophétique et royale du Christ-Messie. Cette participation entraîne en outre l’union organique de l’Église, comme Peuple de Dieu, avec le Christ. Le « grand mystère » de la Lettre aux Éphésiens s’y exprime en même temps : l’Épouse unie à son Époux, unie parce qu’elle vit de sa vie ; unie parce qu’elle participe de sa triple mission (tria munera Christi) ; unie de manière à répondre par un « don désintéressé » de soi au don ineffable de l’amour de l’Époux, le Rédempteur du monde. Cela concerne toute l’Église, les femmes comme les hommes, et évidemment cela concerne aussi ceux qui participent au « sacerdoce ministériel » [ii] qui est par nature en service. Dans le cadre du « grand mystère » du Christ et de l’Église, tous sont appelés à répondre — comme une épouse — par le don de leur vie au don ineffable de l’amour du Christ qui est seul, come Rédempteur du monde, l’Époux de l’Église. Dans le « sacerdoce royal », qui est universel, s’exprime en même temps le don de l’Épouse.

         Cela revêt une importance fondamentale pour comprendre l’Église dans son essence même, en évitant de reprendre pour l’Église — même en sa qualité d’institution composée d’êtres humains et inscrite dans l’histoire — des critères d’interprétation et de jugement qui sont sans rapport avec sa nature. Même si l’Église possède une structure « hiérarchique »,[iii] cette structure est cependant ordonnée à la sainteté des membres du Christ. Et la sainteté s’apprécie en fonction du « grand mystère » dans lequel l’Épouse répond par le don de l’amour au don de l’Époux, le faisant « dans l’Esprit Saint » parce que « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Le Concile Vatican II, en confirmant l’enseignement de toute la tradition, a rappelé que, dans la hiérarchie de la sainteté, c’est justement la « femme », Marie de Nazareth, qui est « figure » de l’Église. Elle nous « précède » tous sur la voie de la sainteté ; en sa personne « l’Église atteint déjà à la perfection qui la fait sans tache ni ride (cf. Ep 5, 27) ».[iv] En ce sens on peut dire que l’Église est « mariale » en même temps qu’ « apostolique » et « pétrinienne ».[v]

         Dans l’Histoire de l’Église, dès les premiers temps, il y avait aux côtés des hommes de nombreuses femmes pour qui la réponse de l’Épouse à l’amour rédempteur de l’Époux prenait toute sa force expressive. Nous voyons tout d’abord celles qui avaient personnellement rencontré le Christ, qui l’avait suivi et qui, après son départ, « étaient assidues à la prière » avec les Apôtres au Cénacle de Jérusalem jusqu’au jour de la Pentecôte. Ce jour-là, l’Esprit Saint parla par « des fils et des filles » du Peuple de Dieu, accomplissant ce qu’avait annoncé le prophète Joël (cf. Ac 2, 17). Ces femmes, et d’autres encore par la suite, eurent un rôle actif et important dans la vie de l’Église primitive, dans la construction, depuis ses fondements, de la première communauté chrétienne — et des communautés ultérieures — grâce à leurs charismes et à leurs multiples manières de servir. Les écrits apostoliques retiennent leurs noms, ainsi Phébée, « diaconesse de l’Église de Cenchrées » (cf. Rm 16, 1), Priscille avec son mari Aquila (cf. 2 Tm 4, 19), Évodie et Syntyché (cf. Ph 4, 2), Marie, Tryphène, Persis, Tryphose (cf. Rm 16, 6. 12). L’Apôtre parle de leurs « fatigues » pour le Christ : celles-ci montrent les divers domaines du service apostolique dans l’Église, en commençant par « l’Église domestique ». En effet, la « foi sans détour » y passe de la mère aux enfants et aux petits-enfants, comme cela eu lieu dans la maison de Timothée (cf. 2 Tm 1, 5).

         La même chose se renouvelle au cours des siècles, de génération en génération, comme le montre l’histoire de l’Église. L’Église, en effet, en défendant la dignité de la femme et sa vocation, a manifesté de la gratitude à celles qui, fidèles à l’Évangile, ont participé en tout temps à la mission apostolique de tout le Peuple de Dieu, et elle les a honorées. Il s’agit de saintes martyres, de vierges, de mères de familles qui ont témoigné de leur foi avec courage et qui, par l’éducation de leurs enfants dans l’esprit de l’Évangile, ont transmis la foi et la tradition de l’Église.

foi,ludovine de la rochère,la vaillante,politique,christianisme,égalité,théorie du genre         À toutes les époques et dans tous les pays, nous trouvons de nombreuses femmes « vaillantes » (cf. Pr 31, 10) qui, malgré les persécutions, les difficultés et les discriminations, ont participé à la mission de l’Église. Il suffira de mentionner ici Monique, la mère d’Augustin, Macrine, Olga de Kiev, Mathilde de Toscane, Edwige de Silésie et Edwige de Cracovie, Élisabeth de Thuringe, Brigitte de Suède, Jeanne d’Arc, Rose de Lima, Elisabeth Seton et Mary Ward.

         Le témoignage et l’action des femmes chrétiennes ont eu une influence significative dans la vie de l’Église, comme aussi dans la vie de la société. Même face à de graves discriminations sociales, les saintes femmes ont agi « librement », rendues fortes par leur union avec le Christ. Cette union et cette liberté fondées en Dieu expliquent par exemple l’action importante de sainte Catherine de Sienne dans la vie de l’Église et de sainte Thérèse de Jésus dans la vie monastique.

         De nos jours, l’Église ne cesse de s’enrichir grâce au témoignage de nombreuses femmes qui épanouissent leur vocation à la sainteté. Les saintes femmes sont une incarnation de l’idéal féminin ; mais elles sont aussi un modèle de « sequela Christi », un exemple de la manière dont l’Épouse doit répondre avec amour à l’amour de l’Époux.

  

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Article 27 de
LA DIGNITÉ ET LA VOCATION DE LA FEMME
Lettre apostolique Mulieris dignitatem
15 août 1988
Saint Jean-Paul II

        



[i] Cf. CONC.ŒCUM. VAT.II, Const. Dogm. Sur l’Église Lumen gentium, n.10.

[ii]Cf. ibid. n.10.

[iii]Cf. ibid. nn. 18-29.

[iv]Cf. ibid. n. 65 ; cf. Encycl. Redemptoris Mater, nn. 2-6 : lc., pp. 362-367.

[v]« Ce profil marial est aussi fondamental et caractéristique de l’Église — sinon davantage — que le profil apostolique et pétrinien, auquel il est profondément uni. […] la dimension mariale de l’Église précède la dimension pétrinienne, tout en lui étant étroitement unie et complémentaire. Marie, l’Immaculée, précède tout autre personne et, bien sûr, Pierre lui-même et les Apôtres. Non seulement parce que Pierre et les Apôtres, issus de la masse du genre humain qui naît sous le péché, font partie de l’Église ”sancta ex peccatoribus”, mais aussi parce que leur triple munus ne tend à rien d’autre qu’à former l’Église dans cet idéal de sainteté qui est déjà préformé et préfiguré en Marie. Comme l’a si bien dit un théologien contemporain, ”Marie est ‘la Reine des Apôtres’, sans revendiquer pour elle les pouvoir apostoliques. Elle a autre chose et beaucoup plus” (H.U. VON BALTHASAR, Neue Klarstellungen) » : Allocution aux Cardinaux et aux Prélats de la Curie romaine (22 décembre 1987) : L’Osservatore Romano, 23 décembre 1987. 

 


Photos : Oratoire Jean-Paul II
église Saint-Pierre du Gros Caillou
Paris 7ème

 

13.05.2014

Un de ces centres d’où l’amour et la grâce du Seigneur rayonnent mystérieusement mais réellement sur votre cité

Coupole Sacré-Coeur Montmartre.jpg

Plaque de marbre aux lettres d’or gravée
Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

 

« … Nous sommes à Montmartre,
dans la Basilique du Sacré-Cœur,
consacrée à la contemplation de l’amour du Christ
présent dans le Saint-Sacrement.

 

Ce mystère de l’amour du Christ, nous ne sommes pas
appelés à le méditer et à le contempler seulement :
nous sommes appelés à y prendre part. C’est le mystère
de la Sainte Eucharistie, centre de notre foi, centre
du culte que nous rendons à l’amour miséricordieux
du Christ manifesté dans son Sacré-Cœur, mystère qui
est adoré ici nuit et jour, dans cette Basilique, qui
devient par là-même un de ces centres d’où l’amour et
la grâce du Seigneur rayonnent mystérieusement
mais réellement sur votre cité, sur votre pays et sur
le monde racheté (…) »

 

Jean-Paul II au soir du dimanche 1er juin 1980

« Je vous confesse que cette visite est un instant
privilégié pour moi et pour toute ma vie.
 »

 

PapeJPII Montmartre.jpg

(Voir la Méditation intégrale du Pape Jean-Paul II

Canonisation du 27 avril 2014,
Fête de la Miséricorde Divine
Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre)

 

 

 


Retrouvez ce fragment sur la page enrichie de La Vaillante :
La France et le Sacré Cœur