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27.04.2016

La Tunique sans couture désigne la foule, devenue un seul corps, le Corps du Christ, le peuple de Dieu

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         « Une grande foule suivait Jésus parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades ».

         Aujourd’hui Jésus ressuscité, à travers le signe de la Sainte Tunique d’Argenteuil, attire une grande foule.

         Or dans l’Évangile, par le signe de la multiplication des pains, nous voyons que Jésus va faire de cette foule anonyme un peuple, le peuple de Dieu.

         De même par la célébration de cette eucharistie, le sacrement de Sa mort et de Sa résurrection, Jésus va faire de nous son peuple.

         Jésus porte sur nous son regard d’amour comme il portait déjà ce même regard sur les foules de Galilée.

                  « Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. »

         Il discerne que cette foule a faim, non seulement de pain, mais d’entendre une parole qui fait vivre, qui donne sens à la vie au moment où le pays occupé par les romains n’a plus de liberté. La foule attend un libérateur et elle est prête, à la vue du signe de la multiplication des pains, à faire de Jésus son Roi. Mais le chemin de Jésus n’est pas celui-là ; la foule s’arrête au pain, mais ne reconnaît pas le mouvement d’amour du donateur. Elle n’a pas compris qu’à travers ce pain multiplié c’est Jésus lui-même qui se donne entièrement à chacun et à tous, ensemble.

         Jésus est vraiment le Maître du repas, il pose la question : « Où pourrions-nous aller acheter du pain ? » Cette question a pour but de former ses disciples Philippe et André, de les faire grandir dans la foi, il leur fait constater la pauvreté, le manque de moyens : 5 pains et 2 poissons, « qu’est-ce que cela pour tant de monde ? »

         Quelle disproportion avons-nous souvent entre ce que les hommes et les femmes, les jeunes d’aujourd’hui attendent de nous, et nos pauvres moyens ! Mais Jésus, en Maître du repas, en Bon Berger, Pasteur du Psaume 23, donne à la foule de s’asseoir sur l’herbe verte : « Il prend alors les pains, et après avoir rendu grâces, les distribue aux convives. »

         Le mot rendre grâces – eucharistein en grec – désigne l’Eucharistie. Après la mort et la résurrection de Jésus, les disciples ont vu dans le signe de la multiplication des pains l’annonce, la préfiguration de l’Eucharistie qui nous rassemble ce soir. Jésus continue de distribuer le pain aux convives. Jésus, dans l’Eucharistie, rend présent le don de sa vie qu’il a fait pour nous sur la Croix. Il se donne entièrement à nous.

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         Un signe de ce don total de Jésus, qui nous a aimés jusqu’au bout, nous est donné à voir à travers l’ostension de la Sainte Tunique. Comme le tombeau vide n’est pas une preuve scientifique de la résurrection de Jésus mais un signe qui nous appelle à croire à l’amour de Jésus pour nous et pour tous les hommes.

         Dans l’Évangile de Jean, il nous est dit que la tunique de Jésus était sans couture, tissée tout d’une pièce, de haut en bas. Ce qui entraîne une réflexion entre les garde : « ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. »

         L’Évangéliste voit dans cette tunique sans couture comme l’accomplissement de l’Écriture, le juste souffrant du Psaume 22 :

                  « Ils se sont partagé mes habits, ils ont tiré au sort mon vêtement. »

         La Tunique sans couture désigne la foule, devenue un seul corps, le Corps du Christ, le peuple de Dieu.

         Si Caïphe, le grand Prêtre, avait souhaité qu’un seul meure pour tout le peuple, il avait sans le savoir dévoilé que Jésus est mort afin de rassembler tous les enfants de Dieu dispersés.

         Jésus lui-même, avant sa mort, a prié pour l’unité de tous ses disciples : « que tous soient un, Père, comme toi, Père, et moi, nous sommes un. »

CiergePascale&Tunique.jpg         Pourtant la Tunique a été déchirée, le Corps du Christ a été divisé à cause de nos péchés, le monde continue de se déchirer en opposition violente. Pourtant, à travers le signe faible et beau de cette tunique, nous est révélé le dessein d’amour de Dieu sur l’humanité, il désire l’unité entre les chrétiens et l’unité du genre humain.

         L’Eucharistie que nous célébrons ce soir est ce sacrement de l’unité, où Jésus en se donnant à nous par sa Parole, son Corps et son Sang, fait de nous un corps, son Corps, il nous apprend à faire Corps. L’Eucharistie est le sacrement de l’Amour, l’école de la Charité et de l’Unité.

         Mais vous vous dites : « Que puis-je faire pour construire l’unité ? Cette mission me dépasse… je suis faible, je n’ai que 5 pains et 2 poissons… » Or Jésus a besoin de nos 5 pains et 2 poissons pour construire l’unité dans nos familles qui se déchirent parfois, dans nos paroisses, pour que ceux qui voient la manière dont nous nous aimons reconnaissent la présence de Jésus entre chrétiens de toutes confessions, pour que nous marchions ensemble vers l’unité entre tous les hommes, tous les croyants d’autres religions, car la mission de l’Église à la suite de celle de Jésus vise l’unité du genre humain.

         Dans cette Eucharistie, Jésus nous attire dans son offrande, pour que partout où nous vivons, à l’image de la Sainte Tunique, nous soyons des artisans de Paix, d’Unité, de dialogue. Prendre un autre chemin c’est se tromper, regarder la Tunique c’est aller de l’avant !

IMG_1651.JPG+ Mgr Michel Santier Évêque de Créteil

Pèlerinage à Argenteuil Ostension de la Sainte Tunique du Christ Basilique Saint-Denys d’Argenteuil – 8 avril 2016

 

Lectures : Ac 5, 34-42 ; Ps 26 (27), 1, 4, 13-1 ; Jn 6, 1-15