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01.10.2015

Édith Stein… merveilleuse éducatrice

SPIRE 1923-1931

Visage ÉDITH STEIN.jpg 

        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        Cette période de vie laborieuse à l’ombre du monastère des Dominicaines enseignantes et tout illuminée de la pure joie de découvrir un peu du contenu de la vérité révélée, nous est connue surtout à travers les témoignages des élèves ou des disciples d’Édith Stein.

         La Mère Prieure du couvent de Sainte-Madeleine de Spire nous dit combien son arrivée sembla providentielle ; les religieuses venaient de fonder un établissement à Mannheim et la directrice des études fut transférée dans cette ville. Il avait été impossible de la remplacer et de désigner un professeur d’allemand pour les classes supérieures du collège de jeunes filles. Édith Stein repris ces cours, elle assuma la préparation des élèves aux examens d’État et bientôt celle des jeunes religieuses à l’enseignement.

         « Elle était pour nous toutes un exemple lumineux, écrit la supérieure ; nous sentons maintenant encore le bienfait de son rayonnement. » Éducatrice-née, sa manière d’enseigner était remarquable, allant de pair avec un véritable don de pédagogie. Elle trouvait le moyen d’ajouter des heures de leçons particulières à celles de ses cours et de poursuivre en privé l’étude de saint Thomas.

         Très simple, humblement dévouée à sa tâche quotidienne, elle aurait souhaité passer inaperçue. Mais son extraordinaire capacité intellectuelle et son don d’expliquer les choses les plus ardues lui valaient de nombreuses requêtes de la part des élèves et des maîtresses. Jamais elle ne refusait de rendre service, s’en tenant littéralement à ce conseil que nous trouvons dans sa correspondance : « … Pour ce qui est de nos relations avec autrui, le besoin des âmes transcende tout règlement de vie. Car nos activités personnelles ne sont que des moyens qui tendent vers une fin, tandis que l’amour du prochain est la fin même, puisque Dieu est Amour.[1] »

         Sa bonté était tout à fait remarquable, rapportent les sœurs dominicaines. Dieu seul sait combien de misères physiques et morales elle a soulagées. Sa correspondance très étendue en témoigne. Pas un détail ne lui échappait quand il s’agissait de faire le bien. Les dimanches et jours de fête, lorsque les religieuses étaient appelées au parloir, Édith les déchargeait du soin de la vaisselle. Elle passait des heures, les jours de congé, à distribuer la soupe populaire. Elle s’était procuré la liste des pauvres de la ville et on la voyait, au temps de Noël, disparaître mystérieusement, les bras chargés de colis préparés en secret.

         De sa vie intérieure, elle ne nous dit rien. Nous ne savons que ce qui ressort des témoignages portés par son entourage. Celles qui l’on connue n’ont jamais oublié la qualité et la profondeur du silence qui semblait l’envelopper. Elle restait des heures en prière près du tabernacle de la petite chapelle conventuelle, tout absorbée en Dieu. Sa manière de prier touchait les âmes bien davantage que les plus beaux discours : «  Sa seule présence, écrit un jeune professeur, était une invitation à monter… elle nous entraînait à sa suite sans beaucoup de paroles, par le seul rayonnement de son cœur pur, noble et donné. »

         Afin de consoler une de ses élèves, assez peu douée, Édith trouvait ces termes délicats :

Visage ÉDITH STEIN.jpg         «  N’essayez pas de mesurer ce que vous comprenez à la manière dont vous savez le dire. Ce que vous avez compris vous pénètre, agissant en vous et rayonnant de vous, même s’il vous est impossible de l’exprimer. Une fois que l’on s’est totalement remise entre les mains de Dieu, il faut lui faire la confiance de penser qu’il saura bien tirer quelque chose de nous. Il lui appartient de juger ce dont nous sommes capables ; pour nous, il est bien inutile de nous perdre en analyses. Croyez-moi, ces gens que vous avez rencontrés et qui vous ont semblé tellement plus proches que vous de l’idéal chrétien, si vous pouviez les connaître de l’intérieur, vous sauriez qu’ils souffrent eux aussi de leur impuissance et de leur pauvreté…[2] »

 

Élisabeth de Miribel

Extrait de Comme l’or purifié par le feu - Édith Stein 1891-1942
Cerf, 2012

  



[1] Mère Thérèse-Renée du Saint-Esprit, Edith Stein, Lebensbild einer Philosophin und Karmelitin, p. 73.

[2] Idem, p. 74.

 

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