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19.01.2013

Une loi comme suicide symbolique pour la société

« Livré au droit à la toute-puissance sur la vie que nous accorde un consensus social coupé de toute référence à l'Origine de la vie, nous entrons dans un monde où la rencontre sexuelle peut être dissociée de la parole donnée dans une alliance, et en même temps abstraite de son rapport à la génération humaine. Un monde où la sexualité pourrait s'exercer sans qu'il n'y ait personne d'engagé, où la succession de rencontres sans parole donnée, je ne sais plus qui je suis, ni pour qui. Un monde "sans engagement de votre part", dirait la publicité.
 
    Il n'est alors pas surprenant que dans un monde où la question de l'Origine et de la fin de l'humanité ne se pose plus et n'éclaire donc plus la vie et la génération humaine, nous en arrivions donc à pouvoir considérer qu'une loi politique puisse reconnaître l'union homosexuelle comme un mariage. Or, une telle reconnaissance légale ne constitue rien de moins qu'un suicide symbolique pour une société. En effet les juristes s'accordent pour dire que le fondement de la loi, dans toute société humaine, renvoie à l'Origine de la vie à travers la différence sexuelle et la succession des générations. Reconnaître comme mariage légal un comportement qui nie le fondement même de la loi, c'est bien le signe d'une société déboussolée, où toute loi n'a plus pour fondement que le sentiment de chacun et la statistique des sondages. Et l'on entendra dire, par exemple, pour défendre l'homoparentalité, que les homosexuels peuvent avoir autant de bonté et de tendresse que d'autres pour élever des enfants. C'est sûr, mais ce n'est pas la question.
 
    La question est celle de la vérité de la vie dans son rapport à l'Origine, et cette vérité n'est pas réductible au seul sentiment que j'ai de la vie, fût-il sincère. Cette Vérité est Autre, tout en m'étant intérieure. Elle est source d'une loi intérieure dont je ne suis pas l'Origine. Mais, à partir du moment où la question de l'origine et de la vie humaine est mise entre parenthèses, il ne nous reste plus que le développement, par ailleurs légitime, de la science, pour éclairer notre jugement sur la vie et finalement fonder les lois de nos sociétés.
 
    Nous risquons alors d'oublier que la recherche scientifique ne s'applique qu'au fonctionnement de la vie, de la nature, de l'univers, s'interdisant, par méthode, de s'interroger sur l'origine d'un tel fonctionnement. Que la nature soit le signe ou nom d'une Présence qui, à travers elle, s'adresserait à l'homme, ne peut être l'objet de la recherche scientifique moderne, qui a d'autant plus progressé dans son champ opératoire qu'elle a renoncé à y intégrer cette question. »
 
 
Michel FARIN in En enfer, il n'y a personne, Éditions Lessius, 2011