Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15.02.2013

I – La logique du projet - Quelques réflexions sur le projet de loi « mariage pour tous »

On pourrait croire que le projet de loi « mariage pour tous » n'a pas de conséquence pour la majorité. On entend dire : « Je ne suis ni pour ni contre, pour moi ça ne change rien. Alors, s'ils le veulent... » Outre que ce raisonnement d'indifférence est par lui-même dangereux, le « ils » ici pose un problème, car de nombreux homosexuels ne réclament nullement ce droit, voire s'y opposent farouchement. Seule une minorité le revendique vraiment, et la question divise autant que dans le reste de la société. Il y a donc d'autres raisons à ce projet que de répondre à une revendication de ces personnes, nous verrons plus précisément lesquelles. Par ailleurs, on peut comprendre que des individus éprouvent le désir d'accéder au symbole du mariage avec une personne du même sexe, mais cela reste impossible par le seul fait qu'il est défini autrement. À moins qu'on décide que le désir crée le droit, il faut examiner les conséquences d'un tel projet, la première étant précisément de changer la nature du mariage.

 

Une étrange logique libérale semble dire : « Le mariage existe, donc j'y ai droit, quitte à en changer les règles. Les enfants existent, je veux donc en avoir, même si je ne peux pas en faire. Les femmes existent, je veux donc avoir le droit d'en louer une pour me fabriquer cet enfant. » Cette logique du droit de tous à tout est en elle-même pernicieuse, car elle n'a pas de fin. Elle conduit aux abus. Elle défait les protections des plus faibles. Elle fragmente la société. Au nom de quoi refuser la polygamie à ceux qui la réclament, si c'est leur désir ou leur tradition ? Au nom de quoi refuser des unions incestueuses, puisqu'elles existent ? Et si la science le permet, au nom de quoi refuser à certains hommes de se greffer un utérus pour porter un enfant ? Accepter ce projet, c'est d'abord consentir à cette logique de l'extension illimitée des droits qu'on qualifie d'ailleurs, dans un vocabulaire plutôt de gauche, d'ultra-libérale.

 

Ce projet a d'abord pour effet d'institutionnaliser l'idée que l'homosexualité est une catégorie ou un statut qui donne accès à des droits. Cela peut conduire à d'autres revendications ; par exemple, réclamer des quotas dans la représentation nationale, certains l'ont proposé. Cela n'a aucun sens, mais quand une logique se met en place, elle a toujours tendance à se poursuivre. En s'en tenant à la définition la plus incontestable, l'homosexualité reste une tendance ou une pratique sexuelle, non pas une appartenance ou une catégorie. Une pratique sexuelle définit-elle les individus ? À part celui de vivre libre et en sécurité, y a-t-il une raison d'accorder quelque droit que ce soit à des individus ou à des groupes au nom de leur pratique sexuelle ? Cela signifierait que les homosexuels doivent être considérés en tant qu'homosexuels comme les autres en tant qu'homme et femme. Ce raisonnement fort dangereux pourrait se retourner contre eux, alors que la plupart n'ont rien demandé. Il y a mille façons d'être homosexuel. Il n'y a pas d'être-homosexuel bien défini, et heureusement. Il en existe au moins deux grandes catégories que personne n'oserait confondre, à savoir l'homosexualité des hommes, et celle des femmes. La différence sexuelle, on ne la déloge pas si facilement...

 

Lucien Fornello pour La Vaillante

 

 

 

Les commentaires sont fermés.